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CONSEILLERS AU PARLEMENT

D'ailleurs, à cette époque intermédiaire entre les xvi" et xvn" siècle où les membres de tant de familles avaient opté les uns pour une Eglise, les autres pour une autre, plus d'un haut magistrat catholique était apparenté à des réformés : ainsi le président J. A. de Thou, le grand historien, avait épousé à minuit « pour éviter la foule J » une personne fortement suspecte d'hérésie, Marie de Barbançon, petite-fille de cette dame de Cany qui avait été la correspondante assidue de Calvin -.

II y avait à cette époque, dans l'Eglise de Paris, comme nous l'avons remarqué à propos des anciens, un certain nombre d'avocats au Parlement (citons encore Benoît Perrin, Auguste Gal-

267) et en deuxièmes noces Pierre Haste ou Hatte, sieur de Saint-Marc, conseiller au parlement de Paris ; elle mourut en 1654 (Fr. prot., 2e éd., t. III, col. 393) ; sa sœur Marthe de Bullion épousa Pierre de Brosses, docteur es droits à Genève (ibid., col. 211).

Leur frère Pierre de Bullion, seigneur de Laye (époux de Marie Hatte ou Haste) était conseiller au parlement en 1618 lors du baptême de leur fille Marie fait à domicile par du Moulin (B. h. p., 1872, p. 318). Est-ce de lui (et non de Claude comme le dit la n. 3, p. 299 du B. h. p. de 1853) qu'il s'agit en 1607-1608 dans le Journal de Chamier à Paris (ib., p. 301-319 ; 433-435), en 1609 dans une lettre de Candolle (B. h. p., 1856, p. 447) ? Est-ce à lui qu'est adressé un faire-part de la mort de Bèze en 1605 (Bib. nat., Mss., coll. Dupuy, vol. 415, f° 221, cf. vol. 348, f° 220) « à M. le Coner de Bullion » ?

En tout cas le plus connu des membres de la famille ne parait pas être resté protestant, s'il l'a été d'abord : c'est Claude de Bullion, maître des requêtes en 1605, puis président aux enquêtes, garde des sceaux et enfin surintendant. Elevé à Basville dans la famille Lamoignon il épousa Angélique Faure dont la mère était sœur du chancelier de Sillery. Il s'intitulait seigneur de Bullion, Bonnelles, Esclimont, Panfou, Villiers, baron de Maule, marquis de Gallardon, Montlouët et Long-Chêne (cte de GALARD, Wideviile, p. 13) : ces trois dernières localités renfermaient beaucoup de protestants (aujourd'hui en Eure-et-Loir).

1. A Saint-André-des-Arcs, en 1587 ; elle y fut enterrée en 1601 (Fr. prot., 2" éd., t. I, col. 770).

2. « Quoique le père et la mère de la demoiselle, qui avoient autrefois esté protestants, fussent rentrés depuis longtemps dans le sein de l'Eglise avec leurs enfants [c'est une erreur, remarque la France protestante, loe. cit.: le père était mort bon huguenot à la bataille de Saint-Denis', on voulut cependant lever jusqu'au inoindre doute cl on fit examiner la demoiselle en particulier par Arnaud du Mesnil, archidiacre de Bric et grand vicaire de l'évêque de Paris, qui la confessa et lui donna ensuite l'absolution » (Note de Nicolas Rigault, rédacteur des Mémoires de J. A. de Thou). Voir ci-après, III" partie, chap. IV, p. 464.

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land *, Isaac Arnauld -, Thomas Petit) ; des avocats au conseil

privé, comme Gédéon de Serres du Pradel ; des secrétaires du

roi : du Candal :!, Jean Pâlot 4, Paul Petau 5 ; des conseillers du roi : Daniel de Launay.

Il y a beaucoup de gens de l'entourage immédiat du roi : « Je me lie, disait-il alors, plus en eux pour ce qui est de ma bouche

1. Père de celui dont parle la Fr. prot., 2° éd., t. VI, col. 802. La Bibliothèque nationale (ms. fr. 23049, fol. 1 et suiv.) possède un <• Estât des biens du roy Henri IV lors de son advènement à la couronne, origine et suite des princes de Béarn, souveraineté de Béarn, par Auguste Galland, » datant de 1607.

2. Par testament fait à Paris le 24 mai 1599 Anne de Matignon, veuve d'Olivier de Maridor, nomme exécuteur testamentaire « maistre Isaac Arnauld, advocat en parlement » et lui donne « en considération de ceste exécution la somme de cinq cens escus » (B. h. p., 1910, p. 419).

3. Isaac du Candal, qualifié « conseiller notaire et secrétaire du roy » en 1604 (B. h. p., 1872, p. 263) est, je pense, le même « seigneur de Fontenailles, conseiller et secrétaire du roi, maison et couronne de Navarre », auquel Daillé dédie en 1648 deux volumes de Sermons sur l'épître aux Colossiens (Charenton, L. Vendosme, in-8°). « Dieu, lui dit-il, vous a conduit à une honorable vieillesse où peu de personnes parviennent ; dans l'inégalité des saisons et la diversité des affaires, le Seigneur vous a toujours rendu agréable et à ceux du dedans et mesmes à ceux du dehors. » C'est par erreur que la Fr. prot., 2e éd., t. V, col. 608, lui applique un acte de décès de 1635 (B. h. p., 1863). Fontenailles est en Brie (canton de Mormant).

4. Commis à la recette et distribution des sommes accordées aux protestants par le roi. Le 9 octobre 1597 Henri IV écrit à Rosny : « Ayant cy devant esté parlé du faict de Pâlot, j'ay remis ceste affaire à vous, estant bien aise qu'il demeurast en ceste charge, puis mesme qu'il en avoit la commission. Depuis j'ay apprins que ceulx de la religion consentent qu'il l'exerce, pourveu qu'il commence seulement ledit exercice l'année prochaine.... Mon intention est que Pâlot l'exerce dès cette année affin que la distribution se face selon mon vouloir et que je sache à qui m'en prendre s'il y a du deffault » (Lettres missives d'Henri IV, t. V, p. 45). Ces questions financières étaient naturellement le sujet de nombreuses contestations, et il est souvent question de Pâlot dans les actes des Synodes généraux et dans les arrêts du Conseil d'Etat : p. ex. 5 août 1603 (sur la requête des protestants de Guyenne) ; 15 juillet 1604 (à propos de 15.750 livres restant dues à Pâlot) ; 10 mars 1605 (suppression de l'office de receveur triennal des finances à Limoges) ; Arch. nat. E 5b, f. 118 ; E 6b, f. 94 ; E 8b, f. 39 ; E 9c, f. 9; EO, f. 67; cf. E 10a, f. 204 et E 10b, f. m (1606); E 12a, f. 249 (1607; E 23b, f. 10 (5 sept. 1609 : procès contre la veuve de Jacques Doulcin, François Parain, grenetier à Vendôme, et Liger Parain) ; Bib. nat., ms. fr. 18202, fol. 327 (arrêt du 26 déc. 1624).

."). Il demeure en 1603 rue Saint-Nicolas du Chardonnet (Min. François, 1603, n" 360 ; cf. 1605. n" 226).

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