‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 151 sur 558 · Mémoires de Sully, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Sully, t. II, p

2. Mayerne est près de Genève où Tnrquet était né en 1573 et avait été filleul de Bèze. Venu à Paris vers 1597 « il s'attacha avec chaleur à la pratique de la chymie, étude fort décriée en ce tems là et fort odieuse aux

médecins ; la faculté de médecine lança un décret d'interdiction contre

lui ce qui n'empêcha point que Mayerne ne fût appelé à la cour et n'y obtînt une place de médecin ordinaire d'Henri IV » (Bayle, Dictionnaire, t IV, éd. de 1734, p. 57). Le roi l'avait d'ahôrd donné à Henri de Rohan pour l'accompagner dans ses voyages ; à son retour vers 1600 « le roi promit de lui faire beaucoup de bien s'il eût voulu changer de religion, lui mettant à dos le cardinal du Perron et autres ecclésiastiques » (ibid., note rectificative de Minutoli).

3. L'Estoile (Journal, p. 529), ajoute ce curieux renseignement sur le peu d'appui donné par Sully à certains coreligionnaires : « On en parla à M. de Sully, lequel fist responce qu'il avoit fait serment de ne jamais parler au Roy de médecin ni de cuisinier. »

4. Il avait été à Genève « compagnon d'estude et bon ami » du pasteur J. Merlin qui le retrouve à Saumur en 1596 (Diaire publié par M. Gaberel, Hist. de l'Egl. de Genève, II, 182) ; il fut enterré à Paris en 1626 (B. h. p., 1863, p. 278). En 1605 il demeurait « rue de la Monnoye, paroisse St-Germain l'Auxerrois » (Voir nos Pièces justif., Min. François, 1605, n° 374).

5. Min. François, 1602, p. 77 : (il était alors, nous le savons d'autre part, chargé d'affaires du duc de Bouillon) ; domicilié rue du Cimetière, paroisse Saint-André (auj. Suger) il achète à la veuve de B. Androuet du Cerceau une place « cy devant hastie et construite en maison, et ruynée pendant les troubles », « rue du Coulomhier sur les fossez de l'Abhaye de St-Germain des Prez. » En 1603 il demeure rue Saincte-Croix de la Bretonneric (Min. François, p. 72).

6. Bellinghen (ainsi qu'on écrit généralement au XVIIe siècle) est en Belgique, à cinq kilomètres de Hal et dix d'Enghien, dans le Brahant, à la frontière du Hainaut. Un « traité des familles de Paris » (Bih. de l'Arsenal, ms. n° 5035) dit Pierre I de Beringhen « originaire du pays de Cleves » et mari de Jeanne de Williez. Leur fils, dont il est ici question, Pierre II. avait épousé Madeleine Bruneau et devint seigneur d'Armainvilliers (près Gretz, Seine-et-Marne). Sur ses « ingénieuses » inventions en campagne (1595) cf. d'AuBiGNÉ, Hist. univ., éd. de Ruble, t. IX, p. 100. Il demeure en 1603 « en son hostel rue Fresneval » près du Louvre (Min. François, n" 83) et traite de nombreuses affaires industrielles et commerciales, minières et

Il y a aussi des gens attachés au service de maison princières, ou de seigneurs de moindre importance : Diogène de Chainaillard, maître d'hôtel de la princesse d'Orange, Nicolas Gamaud, « escuier de cuisine » du prince de Condé, Pierre Mouzot, serviteur du seigneur de Claye.

A côté d'artistes célèbres : Bunel, peintre du roi, les Androuet du Cerceau, dynastie d'architectes, Barthélémy Prieur, sculpteur i, Claude Le Jeune « compositeur ordinaire de la musique du roi -, » on trouve un « maître enlumineur, » Thomas Pelletier ; un « maître émailleur en terre, » Daniel Cattier :! ; des artisans : Jehan Bachelier, passementier, Jehan Sibonin, rubanier, Jehan Martin, maître menuisier ; des « marchands » : Jehan Molard, marchand tisserand, Claude Salomon, marchand bonnetier, Pierre Baudry, marchand peignier, Baudoin Bâcles, marchand lapidaire, Béliard dit Belial, orfèvre.

Il est assez remarquable que les protestants parisiens, hommes et femmes du peuple, portent en général des prénoms tout ordinaires, ne les distinguant point à première vue de leurs concitoyens catholiques, alors que, dans beaucoup d'Eglises de province, les prénoms bibliques parfois les plus singuliers étaient préférés par les huguenots.

On peut observer aussi le très petit nombre d'étrangers dent les noms figurent, pour ces premières années du siècle, dans les actes conservés : un seul prince : le comte Henri de Nassau ; un seul ambassadeur : celui d'Angleterre ; et comme simple particulier, un seul Suisse. Plus d'un réfugié devenu « bourgeois de

autres (ibid., 1603 : 171, 264, 266, 397, 398, 400, 456, 457, etc. ; 1604 : 9, 70, 71 ; 1605 : 74, 444, etc). Nous avons signalé ci-dessus le baptême de son fils Henry en 1603, avec le roi pour parrain.

1. Voir ci-après, p. 337, le chapitre : Part des protestants dans la restauration de Paris.

2. Le célèbre « Claudin » fut enterré dès 1600 au cimetière de la Trinité (H. h. p., 1863, p. 275). Sa sœur a publié à Paris en 1606 chez P. Balland un in-4° de 36 p. renfermant vingt-sept œuvres de son frère : « Taille, psaumes en vers mesurés, mis en musique à 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 parties, par Cl. Le Jeune, natif de Valenciennes, compositeur de la chambre du roi. » L'ouvrage est dédié à Odet de la Noue. Sur un exemplaire annoté par d'Aubigné cf. li. h. p., 1852, p. 207.

3. Il demeurait en 1606 •< sur les fossés d'entre les portes de Bussy et de Nesle » au moment de son contrat de mariage (Min. François, 1606, n° 64) avec Marie Greban. Le mariage devait être célébré •< au plaisir de Dieu et .ri face de son Kglise. »

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