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DIVERSES CATÉGORIES DE FIDÈLES

Genève » au temps des troubles, comme le pasteur La Faye, Godefroy, etc., s'est hâté de revenir habiter Paris dès qu'il l'a pu. Les rares « altesses » étrangères qui viennent au prêche d'Ablon sont des femmes restées aussi françaises qu'il est possible : nous avons déjà cité la princesse douairière d'Orange une Chàtillon — ; la duchesse de Deux-Ponts — une Rohan - - avait d'ailleurs trouvé, suivant l'expression de son frère « une cour demifrançaise, mais un prince tout entièrement Français i. »

Dans les divers milieux sociaux on a ainsi, à Ablon, une excellente occasion d'apprécier la part considérable prise par les protestants parisiens et autres dans l'extension de l'influence française à l'étranger.

En même temps, la reprise des affaires après l'Edit de Nantes et la paix de Vervins attire à Paris, en nombre toujours plus grand, des commerçants venus des pays voisins, parmi lesquels se trouvent des protestants. Par exemple Pyrame de Candolle, d'une famille provençale fixée à Genève, qui traite en 1605 à Paris diverses affaires de banque, d'imprimerie, etc. -.

1. Mémoires de Saint-Simon, éd. de BoTslisle, t. V, p. 215, n. 4 ; Catherine de Rohan, née en 1578 et morte en 1607, épousa le 28 août 1604 Jean II, duc de Bavière à Deux-Ponts. Voir ci-dessus p. 48 et ci-après 2" partie, p. 486, à propos du pasteur S. Durant.

2. Son père lui avait fait promettre, dans une même phrase de son testament, d'être fidèle à la religion réformée, de résider à Genève, « et en icelle continuer l'état de faire draps ou serges. » (Fr. prot., 2e éd., III, col. 695). Ayant fondé cependant une grande maison d'imprimerie et de librairie, Pyrame achète le 10 juillet 1605, comme fondé de procuration de David Douceur, la maison de feu Jean le Royer, imprimeur du roi, « à l'enseigne du Pot d'Etain, précédemment de la Limace, sise à Paris, rue St-Jacques, vis-à-vis de l'église St-Yves, au coing de la rue aux Noyers » (ibid., notice XX, 173, par E. de Monthouz), c'est-à-dire sur l'emplacement du boulevard Saint-Germain devant le théâtre Cluny.

Nous avons trouvé trace d'un voyage précédent : dès 1603 Candolle a traité avec « M. Jehan Menjot, procureur en la Chambre des comptes, demeurant rue des Deux Portes » qui lui a prêté 1.800 livres (Min François, 1603, n° 260). En janvier 1605 au contraire un prêt à intérêt de 1.200 livres est fait « à Calixte Musnier, praticien à Paris, demeurant place Maubert » par « honorable homme Piramme de Candolle, marchand bourgeois de la ville de Genève, logé rue Saint-Jacques » (Min. François, 1605, n° 18; cf. n° 28 autre affaire concernant Candolle).

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