‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 163 sur 558 · Paris, in · texte numérisé non relu

Paris, in

5. « M. Michel Mercier, médecin naguères calviniste, en son livre Du baptesme des enfants contre les calvinistes, raconte un fait naguères arrivé à Ablon où le ministre de Montigny preschant un dimanche, comme un père lui apporta et présenta son enfant tout mourant pour estre baptisé, il lui répondit de la chaire : « Qui m'a amené cet anabaptiste ? Nous ne devons rien entreprendre contre la discipline ecclésiastique. Ne sçavezvous pas que les enfants des fidèles sont sanctifiés dans le ventre de leur mère ? Attendez que la prédication soit parachevée. » Après quoi l'enfant mourut entre les bras de son père avant la fin de la prédication » (Le P. Gauthieh, Table chronographique, 1636, in-fol., p. 826).

Il parut à Sedan en 1604, pour défendre Lobéran. un Advertissemcnt (et non : Adoucissement comme imprime le B. h. p., 1891, p. 359) à Messieurs de VFAjlise de Paris sur le sujet de la révolte de M. Michel Mercier. En 1605 un colloque réuni à Ablon s'occupe de cette affaire. (Bib. natle, mss. fonds Brienne, t. 210 ; B. h. p., 1891, p. 434) : « Mercier, homme docte qui de nouveau s'est rangé à l'Eglise catholique romaine, a escrit et publié en son livre deux ou trois exemples d'enfants de ceux de la Religion morts sans baptesmes au grand regret et desplaisir des pères et mères. Sçavoir si on se debvoit relascher de cette première résolution cpie le baptesme ne se doit administrer sans la prédication précédente de la parole de Dieu, ni hors d'assemblée ou d'Eglise. Ceste affaire est remise au prochain svno-

i98 l'église réformée DE PARIS SOUS HENRI IV

Un gentilhomme normand, Henri aux Epaules, sieur de Sainte- Marie-du-Mont l, descendant d'un des conjurés d'Amboise, et lui-même député à l'assemblée protestante de 1595, demanda en 1600, à l'instigation de Du Perron, des éclaircissements à Du Plessis-Mornay au sujet de son livre sur l'Eucharistie : ce fut l'origine de la fameuse conférence de Fontainebleau ; la principale entrevue préliminaire eut lieu à Ablon, à l'issue du prêche, après un dîner à Paris chez la princesse d'Orange, où se rencontrèrent Mornay et Sainte-Marie-du-Mont -. Celui-ci abjura le protestantisme à Paris le même jour de Pâques (11 avril 1600) où Maupeou abjura le catholicisme à Ablon ; on ne manqua pas de noter la coïncidence : « M. le mareschal de Brissac dit au Roy que Sa Majesté avoit joué aux eschecs et que pour un fol qu'il avoit perdu il avoit gagné un brave cavalier 3. » Le roi (qui utilisa de plus en plus les services de Maupeou) et beaucoup de Parisiens, en jugèrent autrement : Sainte-Marie-du-Mont « pour pénitence et détestation de son hérésie, s'en alloit se fouettant par toutes les rues et églises de Paris, ce que les uns admiroient, les autres le louoient, et beaucoup s'en moquoient 4. » Il devint bientôt bailli et gouverneur de Rouen et chevalier du Saint- Esprit.

Cette conversion paraît avoir été, comme plusieurs autres, l'œuvre d'un capucin, le P. Sylvestre de Laval, gardien du couvent de Paris •"• où nous avons précisément dit que se produisaient alors quelques défections.

L'année du Jubilé (1000) fut organisée une campagne parties

de national. Parmi les pensionnaires du clergé figure en 1606 Michel Le Mercier. 11 touche 100 livres <■ pour une fois seulement » (B. h. p., 1907, p. 242), et en 1610, 1611, 1612 : 300 livres (ibid., p. 251). Voir ci-après IIIe partie, chap. IV, § 3.

1. Près de la baie d'Isigny (Manche). C'est là qu'en 1565 le cardinal de Châtillon s'est embarqué pour l'Angleterre. (Cf. Galland, Hist. du prot. en Basse-Normandie, thèse de doctorat es lettres, Paris, 1898, p. XXI, 8, 16, 37). Après l'abjuration d'H. aux Epaules on cessa l'exercice du culte à Sainte-Marie-du-Mont où il avait lieu depuis quelque temps pour les réformés de Carentan.

2. Mémoires de Mme DE Mohnay. M. Read (B. h. p., 1891, p. 350) place à tort l'abjuration de Sainte-Marie-du-Mont <iprès la conférence qui eut lieu en mai. Le dîner est du 17 mars d'après Mme de Mornay (du 20 d'après P. Cayet, Chronologie septénaire, 1, III, p. 126 de l'édition de 1611).

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