‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 168 sur 558 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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PÉNÉTRATION RÉCIPROQUE DKS DEUX ÉGLISKS 203

et les abjurations y sont plus nombreuses dans les deux Eglises, parée qu'elles proviennent non seulement de Parisiens mais aussi (et même surtout) de provinciaux. Ceci pour deux raisons : d'abord parce qu'un déraciné « se retourne, »> comme on dit en Picardie, plus facilement lorsqu'il est loin de son milieu normal ; et ensuite parce que les autorités ecclésiastiques savent que les abjurations faites dans la capitale auront plus de retentissement dans tout le royaume : Henri aux Epaules ne devient pas catholique dans son fief protestant de Sainte-Marie-du-Mont, et le carme Le Brun ne devient pas protestant à Valenciennes où est son couvent, ni même à Saint-Quentin où il s'est « retiré, » mais le Consistoire de cette ville et celui de Paris jugent « raisonnable » qu'il « se range en la vraie doctrine » à Ablon même où il l'a combattue l.

Pour toutes ces raisons et pour d'autres encore il n'est pas possible d'établir la statistique exacte des gains et des pertes réellement faits par chacune des deux Eglises à Paris, à cette époque moins encore qu'à aucune autre. Ces gains et ces pertes, dans les premières années après l'Edit de Nantes paraissent se compenser, la balance penchant plutôt en faveur de l'Eglise réformée quant à la qualité des prosélytes conquis, peutêtre même quant à la quantité.

On se tenait, dans chaque parti, fort au courant de ce qui se passait dans l'autre. Quand le P. Suarez prêchait en 1603 le carême, il eut à plusieurs reprises pour auditeur Rosny qui déclara n'avoir entendu là, sur le purgatoire, que choses « communes et vulgaires. » Le propos est rapporté au cordelier ; il se fait fort de porter aux réformés « un tel coup que jamais ils n'en guériront ; » aussi le mardi de Pâques lorsqu'il monta en chaire, « une partie de la paroisse d' Ablon se trouva là. » Mais elle entendit seulement, en fait d'argument irrésistible, le prédicateur lire un passage de Luther, et « ceux d' Ablon ne trouvèrent pas le coup tant mauvais et mortel qu'il l'avoit crié -. »

Pendant le carême suivant, en 1604, à Saint-André-des-Arcs !, prêche un ancien protestant, maintenant archevêque d'Aix, Paul Ilurault, petit-fils du chancelier de l'Hôpital, dont nous avons

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