Histoire de Paris, 1829, t. V, p
4. Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris et de l'Ile de Fr., t. XIII, 1887. p. 1-6, Paris en 1572.
5. Estât, noms et nombre de toutes les rues de Paris, 1873, p. 35.
6. Angelo Badoeh, « Relation » de 1605 (Relazioni degli Slali Europei lette al Senato dagli ambasciatori Veneti, série II, publiée à Venise en 1857, l-rancia, t. I, p. 85) : « Dicendosi cou fondamento esservi intorno a quattrocento mille anime, ancorche il volgo dica molto piu ». P. 91 il se borne à signaler, au point de vue de la politique générale, la diversité de religions en France, mais il ne parle pas des huguenots parisiens dans sa description, très détaillée cependant, de la vie à Paris. Comme son prédécesseur Cavalli (1600-1603) il ne parle guère, d'ailleurs, du protestantisme, qu'à propos de Sully. Foscarini (1608-1611) plus préoccupé des « Ugonotti » (p. 219-225, 256, etc.) ne dit rien non plus sur ceux de Paris.
7. Et non 14.00(1 comme le disait Cm. Weiss, Ifisl. des réfugiés, I. I. p. 01 : voir l'argumentation décisive de M. Doukn, B. h. p., 1876, p. 382.
Mais que représentent 4.000 assistants par rapport au nombre total des protestants ? un cinquième, un sixième au moins ; les infants allaient au temple lorsqu'ils étaient plus âgés que ne le sont aujourd'hui les élèves des « écoles du dimanche », et ils étaient nombreux. Les registres des baptêmes et enterrements, (|iii fourniraient des données si précieuses, ont été malheureusement brûlés pendant la Commune.
En admettant le chiffre de 300.000 environ pour la population totale, et la proportion d'un dixième pour la population protestante, on arriverait encore à une trentaine de mille âmes, ce qui paraît beaucoup pour un troupeau que quatre pasteurs suffisaient à desservir. Quel que fût leur nombre, on conçoit aisément avec quel intérêt les protestants parisiens suivaient autant que cela leur était possible, les négociations relatives à l'abjuration, puis les préliminaires de l'édit de pacification. Les unes et les autres eurent lieu en partie à Paris ; on débattit longtemps les conditions spéciales à la capitale et à ses habitants réformés.
Après avoir, le 18 juillet 1593, assisté une dernière fois au prêche à Mantes, près du château de Rosny, Henri IV se convertit à ce que Bèze appelait « la religion de Machiavel t. » La veille il avait pris congé des pasteurs qui se trouvaient, deux par deux, selon l'usage, de service auprès de lui ; il leur avait déclaré qu'il ne permettrait jamais qu'on fit violence à leur religion. Quelques-uns d'entre ces aumôniers étaient alors et restèrent ensuite pasteurs de l'Eglise de Paris. Le matin même du dimanche 25 juillet, à Saint-Denis, « avant de se lever, le roi parla dans son lit quelque temps au ministre La Faye, ayant sa main sur son col, et l'embrassa par deux ou trois fois 2. » La Faye avait été le
1. « Qui est », continuait Bèze dans une dernière lettre adressée au roi, « toute dissimulation et desloyauté envers les hommes : chose que nous scavons estre directement répugnante à vostre nature mesme » (Bibl. de Genève, mss. 1076, minute originale, cité dans B. h. p. 1852, p. 41 ; ce volume renferme plusieurs documents intéressants sur « l'abjuration de Henri IV et le parti réformé », notamment (p. 280) une lettre du pasteur Gabriel d'Amours rappelant au roi toutes les occasions dans lesquelles il lui avait demandé de faire ht prière, au moment du siège de Paris, etc. (pièce extraite de la Collection Du Puy, n" 232).
2. 1'. de L'ESTOILE, Journal de Henri IV. P. de l'Estoile, qui enregistrait depuis une- vingtaine d'années déjà les nouvelles de la capitale, est particulièremenl bien informé et impartial en ce qui concerne les protestants. Sou grand-père avait été l'un des professeurs de droit de Calvin ; Th. de Bèze