‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 171 sur 558 · LES PRINCIPAUX ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

LES PRINCIPAUX ADVERSAIRES

la part des hérétiques mille humiliations. Trente ans plus tard, s'adressant à Marie de Médicis l le frère Philippe d'Angoumois comparaît l'état de la France avant la naissance de Louis XIII (c'est-à-dire vers 1000) à celui du inonde ancien avant la naissance du Christ, et il disait : « Le huguenot étoit comme le maître, tout trembloit sous les menaces de son insolence ; à peine le pauvre religieux et l'homme catholique reconnoissoit-il son couvent et sa paroisse. »

Les protestants parisiens ne croyaient certes pas que l'insolence fût de leur côté lorsque, bien souvent, ils recevaient de la boue au visage en rentrant à Paris, après avoir été forcés d'aller passer toute la journée à Ablon pour assister au prêche. Il est difficile de qualifier de persécutions, ni même de rigueurs contre les catholiques, les mesures de police prises par exemple en juin 1001 : le jour de Pentecôte plusieurs hommes et femmes rentrant d'Ablon, « entre les autres un homme de qualité qui estoit dans un carosse, » furent insultés « avec paroles scandaleuses tendant à sédition » par des écoliers du collège de la Marche devant lequel on passait en venant de la porte Saint-Victor s. Le lieutenant criminel intervint, et, le samedi 10 juin, pour signifier que le lendemain, on eût à laisser tranquilles les piétons et les carrosses, trois écoliers furent fouettés dans le collège, en présence d'un commisaire ; le principal fut suspendu pour un an, et on enjoignit « à tous régents dudit collège qu'il n'en advinst plus de scandale. »

En outre, « par tous les coins des rues de Paris » on afficha une « défense à toutes personnes, de quelque qualité qu'ils puissent estre, de plus outrager de fait ou de paroles ceux de la religion [on ne disait pas toujours alors : « prétendue réformée »] sous peine de punition corporelle. »

Cependant l'année suivante, dans le cahier présenté par le synode national, on se plaint encore de « propos scandaleux des gens qui appellent ceux de ladite religion hérétiques et induisent

1. Dans la dédicace de son ouvrage : Les Royales el divines amours de Jésus et de l'âme, digne sujet des méditations d'Hermogèiie, Paris, 1631, in-12. (Bib. nat., D. 47983).

'2. Rue des Bernardins entre la rue Monge et la rue (les Ecoles.

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