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Du Juge des Controverses, p

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chambre, celui-ci y monte, mais à la dame qui lui demande à brûle-pourpoint un éclaircissement, il répond qu'il lui plaise de venir un jour à son logis, où il tâchera, à loisir, de la satisfaire. A une autre qui insiste il dit que « disputer de la religion avec des femmes qui parlent toutes à la fois et au sortir de là publient ce qu'il leur plaist, seroit faire tort à la vérité... ; » et si personne n'était survenu, Du Moulin se fût retiré sans que ces dames aient rien obtenu, mais, deus ex machina, « voici entrer le P. Gontier avec deux autres qui avoient force livres ; » il demande : « Qu'est-ce ? » sachant fort bien de quoi il allait s'agir, et la discussion s'engage 1.

Les sujets à traiter sont fixés généralement d'avance, soit par l'un des adversaires, soit par un tiers 2, et il y a une sorte d* « assignation » à laquelle parfois une des parties tarde plusieurs mois à se rendre 3. Du Moulin a qualifié de cartel de défi, selon le langage des duellistes, une lettre de ce genre qu'il avait reçue de M. de Bouju, et il a commencé par protester qu'un tel exercice n'est pas de mise entre théologiens sérieux :

« Recevoir ou envoyer des cartels c'est chose autant esloignée de mon humeur que contraire à ma profession. Comme nous devons estre toujours appareillez à la deffence de la cause de Dieu, aussi ne faut-il point se mettre aux champs de gayeté de cœur, sans apparence de profit... Ce seroit transformer le glaive de l'Evangile en fleurets et s'en servir pour jouer ou pour contenter la curiosité des premiers-venus ou pour servir à leurs desseins domestiques 4. »

Cependant dès cette fois-là (en 1602) Du Moulin s'est laissé

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