AUTOTUTÉ DE L'ÉCRITURE SAINTE
son tour : « Les hérétiques prennent ce glaive comme des furieux et enragez, dont ils cuident s'escrimer, et cependant ils s'en coupent la gorge à eux-mesmes 1. »
Pour les théologiens réformés orthodoxes, fidèles à la confession de foi -, l'Ecriture restera, comme pour S. Augustin, « la balance divine » nécessaire et suffisante pour « peser ce qui est
plus grief Ains plutost ne pesons pas, mais recognoissons ce
qui aura esté pesé par le Seigneur 3. » Les théologiens catholiques au contraire parleront toujours davantage « de l'insuffisance de l'Ecriture » : c'est le titre mis par le protestant hétérodoxe Tilenus à un ouvrage de Du Perron 4 commençant ainsi : « L'Escriture sans les traditions n'est point suffisante. » C'est la doctrine authentique du concile de Trente : les traditions doivent être reçues « avec pareille affection de piété et révérence que l'Escriture sainte 5. » Mais cette doctrine est dépassée par des dogmaticiens comme Bellarmin, auteur contemporain pour nos controversistes : il déclare d'abord que le but essentiel de l'Ecriture n'est pas d'être une règle de foi, et ensuite que certaines traditions ont une valeur supérieure à celle de l'Ecriture c.
Pour justifier cette valeur de la tradition, d'autres théologiens catholiques disent soit qu'elle s'appuie sur l'Ecriture 7, soit
1. P. II de la Conférence de Coùet, p. 16 de la Remonstranee de Cayer.