Xurré, p
fice » offert dans la messe paraît aux réformés quasi-monstrueuse. Il nous suffira de citer quelques arguments des controversistes : « L'Eglise romaine oste à Jésus-Christ notre Seigneur
ce qui luy est nécessaire à cause de sa dignité de sacrificateur
Elle préfère le prestre sacré à Jésus-Christ \ » Au contraire pour justifier le rite catholique Cayer prétendait que dans la houche de Jésus-Christ les paroles « donner sa chair » signifiaient déjà : « sacrifice en la messe - ; » ailleurs avec force « entortillements » et « amplifications » il affirme que de nombreux personnages de l'ancienne alliance ont déjà dit la messe : « mesmes elle se disoit avant le déluge, et les anges l'avoyent révélée à Enoch ; Abel l'avoit dite, etc., » ce qui fit rire « partie des assistants 3. » Mais Cayer continue de plus belle : « le lieu où Jésus- Christ célébroit la Pasque estoit un lieu propre à adoration ,
selon le commandement fait au Deutéronome de bâtir en chaque maison neuve une chapelle. Chacun désiroit voir le passage, mais ne pouvant le trouver sur l'heure il promit de le cercher. Cet autre jour est encores à venir. »
Dans cette discussion on s'étonne de voir trop souvent mettre sur le même plan, par un défaut de perspective commun à presque tous les controversistes de ce temps, la question principale (est-il nécessaire, ou non, de renouveler le sacrifice offert par Jésus-Christ mourant sur la croix ?) et des questions tout à fait secondaires : que représentent les vingt-quatre anciens de l'Apocalypse 4 ? combien a duré la messe en laquelle Cayer dit que Jésus-Christ est mort 5 ? etc. Catholiques et protestants invoquent l'histoire des religions, l'histoire sainte en particulier, mais pour en tirer des conclusions diamétralement opposées : les protestants déclarent que Jésus-Christ, dans le sacrement de la Sainte Cène, a établi quelque chose de tout à fait nouveau, les catholiques pensent rendre la messe plus légitime et plus véné-