‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 229 sur 558 · C'est ainsi que Rotan par exemple l'appelle toujours · texte numérisé non relu

C'est ainsi que Rotan par exemple l'appelle toujours

l'église anglicane • 277

mes1, et le P. Suarez le dit canonisé en singulière compagnie-. Les catholiques, de leur côté, ont beaucoup de peine à admettre que sur certains points la vérité puisse avoir été reconnue par des schismatiques. Toute chose égale d'ailleurs, le seul fait de s'être « séparé » constitue à leurs yeux un crime inexcusable ;:.

Dans les discussions sur la doctrine et la discipline de la véritable Eglise, et surtout à propos de la « hiérarchie, » les controversistes de l'un et l'autre parti font souvent mention d'une Eglise dont il nous faut dire un mot : sa position est singulière, permettant de la citer tantôt comme témoin à charge, tantôt comme témoin à décharge. Je veux parler de l'Eglise anglicane qui attirait alors vivement l'attention des hommes religieux de ce côté de la Manche comme elle a recommencé à le faire en ces dernières années, après une éclipse de deux siècles.

Nous avons parlé ailleurs des relations fréquentes entre les deux pays, entre les Eglises de France et d'Angleterre, et des remarques faites par des hommes tels que Sully, Casaubon, l'Estoile 4. Le roi Jacques et Du Moulin, dont les rapports ont été si particulièrement intimes, ont apporté l'appoint de leurs fortes personnalités, et contribué à la connaissance ou, si l'on peut dire, à la pénétration réciproque des deux Eglises. Chef de l'Eglise anglicane en Angleterre et protecteur de l'Eglise presbytérienne en Ecosse, Jacques Ier avait d'ailleurs été baptisé par un prêtre catholique"'. Dès lors, comme aujourd'hui à propos des controverses entre high church et low church, on peut comparer l'Eglise

1. «C'est Calvin qui parle par leurs bouches ; ils n'ont autres prières publiques, etc., sinon comme Calvin leur a dicté » (Remonstrance, p. 10).

2. Torrent de feu, p. 45 : « Les réformez ont effacé de leurs calendriers les noms de la Vierge Marie et des saints pour y loger ceux de Luther, (laivin, Melanchton, de la belle. Candide, femme de Bèze, et d'autres semblables. »

3. Ainsi Cayer doit convenir (Rcmonslntnce, p. 18) que Couët a assez bien réussi à disculper les réformés de certaines accusations d'hérésie ; mais « encore qu'il n'y eust point d'hérésie en ce qui touche les articles de la l'oy, neantmoins le schisme ne peut estre avec la Foy. » Calvin a eu tort, en tout cas, d'avoir « desmembré l'Eglise, quand incarne en tout le reste il n'y auroii point d'hérésie. »

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