Ci-dessus, p
5. C'est pourquoi les catholiques le traitaient d'apostat : mais, objectait Du Moulin (Défense, p. 124), s'il a esté baptisé en l'Eglise romaine, il n'a jamais eu pour cela la croyance de ceux qui l'ont baptisé. " L'Eglise romaine lui conférant ce qui lui reste de bon ne l'a pu obliger à suivre ce qu'elle a de mauvais. » Co effet eau, dans sa critique de la Confession de foi publiée
anglicane à cette mère dont parle la Bible, sentant deux jumeaux
lutter dans son sein à qui sortira le premier S'agit-il de
dogmes, la tendance réformée prédomine ; s'agit-il d'organisation et de cérémonies, la tendance à revenir au catholicisme se légitime plus facilement.
Déjà Rotan et Cayer argumentent en sens inverse 1, et le P. Suarez fait une curieuse description du service funèbre de la reine Elisabeth pour démontrer aux réformés que « desja quelques-uns de leurs compagnons recognoissent la faute qu'ils ont commise par le passé -. » Coëffeteau reconnaît que, sur tel point,
par le roi en Angleterre, insinuait qu'une autre confession publiée en Ecosse était inauthentique, « supposée par les ministres d'Escosse qui font parler le roi en Puritain, » alors qu'en Angleterre il se déclarait contre les Puritains. Du Moulin -- sans insister sur ce qu'une telle situation a d'étrange — , affirme que cette confession écossaise est bien authentique et il dit {Défense, p. ,'590) : « Il n'y a aucun de nous qui n'aime mieux estre puritain avec les Apostres qu'impuritain avec le pontife romain. » Cependant il se permet à ce propos de donner un conseil respectueux, mais ferme, au roi anglican aui avait persécuté certains protestants dissidents : « Sa Majesté sçaura bien discerner ceux de ses sujets qui sur ceste matière de la police ecclésiastique contestent seulement pour contester, dont l'ardeur est meslée de mespris, d'avec ceux qui sentans autrement cheminent neantmoins en bonne conscience, ne desirans rien plus que l'affermissement de son trosne. Le meilleur moyen de se venger [du papisme] est de mettre ordre à ce que te jieuple soit soigneusement instruit et les Eglises du plat pays ne soient point despourvues de fidèles pasteurs. » Il est intéressant de voir un pasteur de Paris dire aussi franchement à un souverain étranger comment il doit se comporter dans son Etat et dans son Eglise.
1. Rotan affirme que Cayer expose inexactement quelle est l'intervention du pouvoir civil : les fidèles de l'église anglicane « dépendent de l'autorité de la reine concernant le gouvernement extérieur, » mais non « aux choses spirituelles » (Response, p. 145).
2. Kn l'espèce il s'agit de la prière pour les morts : mais le curieux document ci-après ne prouve nullement, comme le voudrait Suarez, qu'elle fût en usage dans l'Eglise anglicane (Torrent de feu (juillet 1603), p. 48) :
« Je viens de voir un mémoire envoyé à M. d'Unis premier président du Parlement de Grenoble, mandée (sic) d'Angleterre, en laquelle on raconte comme aux honneurs funèbres faits à la defuncte royne Elisabeth les Evesques et autres ministres accompagnoient le corps, les uns accoustrez de riches capes, les autres de surpelis, chantans les pseaumes propres à tel office, lesquels estoient suivis de plus de deux cents filles habillées de fin tlrai> blanc, avec de grands couvre chefs jusques à la ceinture, lesquelles i'iloient prians pour l'âme de la defuncte... On présenta par après le corps à un autel où fut dite une espèce de Messe, mais sans consécration, et receut PEvesque qui faisoif L'office des offrandes de tout les principaux qui habillez de dueil su i voient le corps. Enfin la vérité sortira du profond du puits de Democrite où la mensonge calvinienne la veut ensevelir. »