L'Estoile, VII, p
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est enregistré. Grand émoi parmi les catholiques et les protestants parisiens. Henri IV fait examiner la pauvre fille par les médecins de la Faculté : elle est convaincue d'imposture et renvoyée chez elle par arrêt du Parlement 3.
Nous avons sur cette période d'assez nombreux documents 2. L'un des plus intéressants émane d'un témoin bien placé pour se renseigner sur les affaires politiques et religieuses : c'est la correspondance avec les Etats-Généraux de l'ambassadeur hollandais Aerssen, protestant zélé :t. Il écrit le 10 novembre 1598 : « Sa Majesté a convoqué la chambre du conseil à Paris pour préparer la vérification de l'Edit. On attend MM. de Bouillon, de la
Trémoïlle, et autres de la religion, pour y assister » ; le 22
février 1599 : « l'Edit a été vérifié vendredi matin ; des restrictions ont été faites secrètement concernant la réception de plus
de six conseillers de la religion au Parlement » ; le 22 avril :
« L'Edit a passé par tous les ressorts de Paris, mais la vente en est deffendue pour obvier aux animosités du clergé qui s'eschauffent de jour à aultre » ; le 6 juillet : « l'exécution de l'Edit s'avance beaucoup au ressort de Paris » ; enfin le 9 décembre : « Les affaires de ceux de la religion commencent à prendre pied. La facilité de Paris depuis la vérification de VEdit y aide beaucoup. »
La « facilité » de Paris ! le même terme revient de singulière façon, à cent ans de distance, sous la plume d' Aerssen — le Hollandais de Paris, - - et sous celle d'E. Benoît — le Parisien de Hollande. Mais, comme le remarque le second, c'est du côté des protestants beaucoup plus que du côté des parlementaires que se manifestait l'esprit de conciliation. Il en fallait beaucoup pour accepter l'article qui réglementait le culte public : le lieu d'exercice était, pour Paris, reculé bien au-delà de ce qui était accordé près des autres villes sièges d'un évèché :
« Défendons très expressément de faire aucun exercice de la dite religion en notre cour et suite..., ni aussi en notre ville de Paris, ni à cinq lieues de la dite ville : toutefois ceux de ladite religion demeurans en notre dite ville et cinq lieues autour d'icelle
1. D'AUBIGNÉ, Baron de Fwnesle, II, v ; Confession de Sancy, I, VI.
2. Voir l'étude détaillée de M. A. Lods : L'Edit de Xantes devant le Parlement de Paris, B. h. p., 1899, p. 124.
3. Cf. Vbeedb, op. cil., p. 63, etc. ; et B. h. p., 1853, p. 28.