‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 252 sur 558 · Cf. ci-dessus p · texte numérisé non relu

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drait bien savoir « ce qui a esté cause de la conservation de Genève si souvent1. » Nombre de familles de Paris, pour échapper aux persécutions, s'étaient réfugiées à Genève depuis le milieu du xvie siècle : la plupart étaient rentrées après le roi dans la capitale, ayant été « bourgeois de Genève » comme le pasteur La Paye, mais plusieurs laissaient autour de Saint-Pierre un de leurs membres qui s'était marié ou établi là-bas : ainsi les Estienne, les Anjorrant, les Bullion.

Les rapports de tout genre, politiques et économiques, étaient assez étroits entre tous les Français et les Genevois : combien plus les rapports spirituels et ecclésiastiques entre protestants de Paris la ville où étudia Calvin, où plus tard, d'après ses conseils, l'Eglise réformée formula sa Confession de foi, et protestants de la ville où il fonda une Académie, organisa l'Eglise, et mourut.

Son ami et successeur depuis plus de quarante ans, âgé de plus de quatre-vingts ans, vivait encore. Et lui-même, l'ancien prieur de Longjumeau, Théodore de Bèze, avait des parents dans la capitale- : en 1005 « Pierre de Besze, de Paris », « Barbe de Besze, veuve » figurent sur les registres de Me François 3 ; bientôt un homonyme du grand Théodore sera parmi les nouveaux convertis pensionnés par l'assemblée du clergé 4.

Nous avons vu Bèze en correspondance avec « Madame. » Henri IV lui témoignait une déférence spéciale. Et, là encore, Sully servait d'intermédiaires. Au moment où le roi donnait des gages aux catholiques en épousant Marie de Médicis et préparait

1. Lors de la célébration du 350e anniversaire de la fondation de l'académie (juillet 1909), M. d'Haussonvïlle, représentant à Genève l'Académie française, disait : « La grandeur d'un pays ne se mesure pas à la surface occupée par lui sur la carte du monde, mais au rôle qu'il a joué dans l'histoire et à la grandeur des idées qu'il représente : c'est pourquoi Genève est un grand pays, parce que Genève représente avec un égal éclat deux choses également nobles : le culte de l'indépendance nationale et celui des hautes lettres. »

2. Le Complément de l'Armoriai général de d'Hozier, Registre VIL p. 173 (Paris 1868-73) remarque que Bèze a été l'arrière-grand oncle de Mme de Sévigné.

3. Min. François, affaire Jehan de Cambray, janvier 1605. n° 13.

L II y a bien là ■ Théodore de Beze, par sa quittance du deuxiesme octobre 1611, 300 livres, » comme nous l'avons imprimé dans le B. h. p., 1907, p. 246 (cf. p. 248-26L plusieurs ci dons » de 150 puis 100 livres jusqu'en 1616i. M. Jal (Dictionn. critique) appelait Théodoze cet apostat, marié en 1611 à Saint-Eustache.

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le rappel des jésuites, il voulut rassurer les protestants de France et ceux de Genève.

A la demande de ces derniers, il vint attaquer le fort Sainte-Catherine, et envoya Sully « se promener » à Genève « avec bien cent chevaux ; » le promeneur visita Bèze dans sa maison, et trois jours après présenta au roi une députation genevoise *. Bèze remercia Henri IV en termes hyperboliques (c'était au moment où l'Edit de Nantes commençait à être exécuté partout) : « Je laisseray aux saints anges la célébration des éloges deubs à votre Majesté pour avoir tiré les Eglises du Seigneur de l'oppression, et acquis aux enfans de Dieu une ample liberté -. »

Trois ans plus tard, au cours d'un voyage à Genève, Casaubon dîne chez Bèze, et s'extasie de trouver encore tant de présence d'esprit chez ce vieillard (êsyaToyVjpcov) !. En 1605 l'Estoile notant la mort de ce « grand personnage 4 » dit avoir vu « lettres bien expresses » arrivées le 7 novembre à Paris. On y reçut dans mainte maison réformée (peut-être est-ce de cela même qu'il s'agit) le billet d'invitation aux obsèques dont trois spécimens sont encore conservés dans nos bibliothèques 5. C'est le plus ancien « faire-part a protestant connu.

Alors vivait encore à Paris A. de la Faye qui semble avoir été d'abord collègue de Bèze à Genève. Deux de ses successeurs, Durant et Mestrezat, furent originaires de cette ville, avec laquelle l'Eglise de Paris entretint toujours de cordiales relations. Nous aurons souvent à reparler de l'Académie où étudièrent, bien plus nombreux qu'à Leyde, tant de pasteurs français.

Le consistoire de Paris et les synodes eurent souvent affaire au représentant de la ville de Genève, qui était seigneur du bourg

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