Paris, 1603, in-8u
s'intéressait vivement à la vie des Eglises réformées ; Anjorrant sollicitait son concours pour la collecte en faveur de celle de Genève 1.
On sait que Jacques Ier, quoique fils de Marie Stuart et petit-fils de Marie de Guise, était un protestant très militant, élevé « à la huguenote-, » et qui même se piquait d'être théologien. C'est note Sully pendant son séjour à Londres, « un prince d'exquise sagesse et grandement spéculatif, qui mesme affecte de se faire tenir pour tel '■>. > 11 est en correspondance avec les Eglises de France et leurs memhres les plus illustres.
En 1603 J. Hotman de Villiers traduit le «< BccffiXixôv owpov ou Présent royal de Jacques premier, roy d'Angleterre, Escoce et Irlande, au prince Henry son fils, contenant une instruction de bien régner4. » En 1(504, nous l'avons vu •"', Pierre du Moulin défend la Confession de foi puhliée par le roi d'Angleterre, comme étant vraiment « catholique » (au sens de : conforme au pur Evangile proposé à l'Eglise universelle) dans son livre dirigé contre les Jésuites 6. Ceux-ci le grimoire du P. Coton en fait foi — se préoccupaient fort de ramener l'Eglise anglicane dans le sein de l'Eglise romaine, comme ils y ont travaillé de nos jours, et la conspiration des poudres (novemhre 1605), résultat des menées catholiques en Angleterre, eut de l'autre côté de la Manche un contre-coup manifeste, en faisant grande impression sur Henri IV. Par réaction, comme nous le verrons, cet événement contrihua à rendre ses dispositions plus favorahles aux réformés parisiens, et l'une des conséquences de cet état d'esprit tut le transfert du culte d'Ahlon à Charenton.
Pendant le voyage de Sully en Angleterre le roi s'était préoccupé des projets d'ahjuration qu'on prêtait à l'ambassadeur : ( il me demanda, écrit celui-ci, si j'avois esté au presche à Lon-
1. British Muséum, Ms. Cotton, Caligula, E. XI (18 oct. 1603) ; cf. B. h. p., 1864, p. 204.
2. Dès l'avènement du nouveau roi, Cavalli note sa position très nette au point de vue religieux : « E stato allevato il re ail' Ugonotta e lontano dalla regina sua madré » {Relazioni, etc., p. 491.
;î. Mémoires, I, 459.
4. In-12, sans lieu d'impression, mais sorti des presses de Jacob Sa'esse, à Sedan.