‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 258 sur 558 · Mémoires, I · texte numérisé non relu

Mémoires, I

2. Narré de la conférence entre M. P. du Moulin et M. Cayer, 1602 :

« Icelui accusa Du Moulin d'ignorance d'oser rejetter l'opinion de Gregorius Nyssenus lequel fait durer la mort de Jésus-Christ depuis la Cène jusques à la croix. Du Moulin respondit que c'estoit encore plus d'ignorance de ne scavoir ce que son Eglise croit, pour ce que l'Eglise romaine en cela ne

suit point Grégoire Ledit gentilhomme se sentant picqué deffia Du Moulin

d'entrer en conférence par escrit : Du Moulin lui dit qu'autrefois ils s'estoyent entrevus en dispute etc. Il répliqua tout courroucé que la charge de Du Moulin estoit du diahle, » etc. Peu après, dans le Cartel de défît] (voir ci-dessus p. 215) M. de Beauiieu (p. 15) reproche à Du Moulin » de ne vouloir pas parler de la religion avec M. Constable ; » Du Moulin protesta (p. 22) : « J'ay conféré avec luy diverses fois, tant en présence de tesmoins qu'en particulier... » ; « il est bien aisé à un homme plein de loisir de tailler de la besogne à un qu'il voyoit estre empesché. »

11. Archives du clergé. Archives nati<-s, G8 853-855 ; voir les documents que nous avons extraits de ces registres, dans le B. h. />., 1907, p. 2.36 et suivantes. « Pensions ordonnées durant les années 1606 et 1607 » : R. Heliot 200 1. (19 mai 1606) ; quatre prêtres 600 1. ; 1610-1612 : Henry Constable, 600 et 400 livres ; « deniers payés pour une fois seulement... aux prestres anglois et escossois : 1.000 1. » ; •■ pensions et dons gratuits, » 1610-12 : Henry Constable 600 1., etc.

4. Fr. prot., 2e éd., III, 952 el Y, «08. Cf. ci-dessus p. 65.

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Quant aux anglicans nous ne savons à quelle date exacte a été inauguré à l'ambassade de Paris le culte que, plus tard, fréquentera parfois Casaubon.

§ 4. L'homme privé. Le croyant

Dans ses rapports avec les protestants étrangers en tant que diplomate, nous venons de voir Sully agir dans l'intérêt de la France, exclusivement en tant que ministre du roi, sans jamais apparaître comme représentant des Eglises ainsi que ce fut le cas par exemple pour Mornay 1. De même dans les affaires intérieures on a souvent l'impression qu'il fait abstraction autant que possible de ses convictions religieuses, de manière à ne pas admettre de la part de ses coreligionnaires ce qu'il n'admettrait pas non plus de la part des catholiques. Un tel effort d'impartialité théoriquement très naturel, était pratiquement assez rare en ce temps là pour mériter d'être signalé. Au grand mécontentement des huguenots, Rosny, loin de s'opposer à l'abjuration du roi, l'avait plutôt favorisée.

Dans la période qui nous occupe, il prit énergiquement parti contre le duc de Bouillon, ce qui excita les plaintes non pas du duc seul, mais aussi des autres protestants, plus ou moins disposés à le soutenir : les La Trémoïlle, Lesdiguières, « et leurs faciendaires, disant en leur patois que vous [Sully] ne faisiez rien pour la gloire de Dieu ny l'advancement des Eglises, quelque mine que vous fissiez d'estre affectionné à la religion - »

1. Nous n'avons pus consacré de paragraphe spécial à celui-ci parce qu'il vécut très retiré à Saumur après la disgrâce qui suivit la conférence de Fontainebleau ; il ne revient dans la capitale, pour un séjour un peu prolongé, que de novembre 1606 à mai 1607, et les lettres qu'il écrit alors — celles du moins qui nous ont été conservées — , ont trait aux affaires générales du protestantisme, non spécialement (sauf ci-dessus p. 201) à des protestants parisiens.

2. (Economies royales, I, cx.wi. Les mss. Conrart à la Bibl. de l'Arsenal, t. V, f. 15, renferment : 1° une lettre adressée de Paris par Sully au duc de Bouillon le 7 mars 1604, exprimant « un extresme désir d'estre l'instrument de votre réconciliation avec le roy ; » — 2° (f. 21) une lettre du duc de Bouillon au roi qui a envoyé en mission près de lui M. de Montlouët (le commissaire protestant pour l'exécution de l'Edit de Nantes à Ablon ; voir ci-dessus p. 99) le 7 septembre 1604 ; — 3° (f. 28) une lettre du landgrave de Hessen (sic) au duc de Bouillon « pour accommoder le fait lequel, avec regret de plusieurs, vous a retenu chez vous depuis quelques années. »

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