‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 259 sur 558 · SULLY ET SES CORELIGIONNAIRES · texte numérisé non relu

SULLY ET SES CORELIGIONNAIRES

(1003). Cette année précisément Sully recevait sans scrupule les instructions du roi pour faire arrêter entre Paris et Thouars un émissaire envoyé par M. de la Trémoïlle au duc de Bouillon, et qui était un protestant : M. du Plessis-Bellay 1.

La mésintelligence entre le duc de Bouillon et le ministre était ancienne. Au moment où la promulgation de l'Edit de Nantes se trouvait retardée par le mauvais vouloir du Parlement, il y eut à Paris « une assemblée générale de tous les plus qualifiés de ceux de la religion. » M. de Bouillon, voyant entrer Sully, lui dit : « A ce que je voy, Monsieur, nous aurons enfin le bien que vous nous aviez tant desnié, qui est de vous voir parmy nous au demeslement de nos affaires. » Et précisément à cette séance Bosny obtint des chefs intransigeants les concessions qui rendirent possible la promulgation à Paris et ailleurs. Le duc de Bouillon avait déclaré qu'il se retirerait et n'accepterait pas l'Edit, si on n'admettait pas « que son Eglise de Sedan pût estre du corps des Eglises de France, sans préjudice à ses prétentions d'être prince étranger ; » Rosny contribua cette fois-ci, à l'apaiser -.

Il y avait une trentaine d'années déjà qu'Henri de Navarre avait amené de Vendôme à Paris le jeune Maximilien de Béthune 3 et ils avaient été souvent côte à côte dans la bonne et la mauvaise fortune, lorsque le fidèle serviteur fut investi, en 1599, de quatre charges des plus considérables, celles de surintendant des finances, de l'artillerie, des bâtiments et des fortifications. On conçoit aisément combien de compétitions s'exercèrent autour de lui : les protestants désirant - - souvent en vain — profiter de la haute situation accordée à leur coreligionnaire, et les catholiques faisant — sans plus de succès — tous leurs efforts pour convertir un si grand personnage.

On trouve bien la note très personnelle de Rosny dans sa correspondance avec Du Perron à propos du livre de Mornay sur

1. Frère du gouverneur de M. de Châtillon (Lettre d'Henri IV à Sully, l(ï mars 1603, Mém. de Sully, I, 417) probablement Isaac du Bellay qui avait commandé une compagnie du régiment de Béthune l'année du siège do Paris (1590) ; cf. Fr. prot., 2" éd., t. V, col. 516.

Page 1