SULLY ET LES CATHOLIQUES
jour, j'invoque la vertu divine et fléchisse dévotement les genoux devant la sainte et ineffable trinité, afin que la multitude de mes offenses soit surmontée par L'infinité de ses compassions. »
Un jésuite, le P. Richeome, lui envoyant pour le jour de l'an 100(3 un livre intitulé le Pèlerin, et ayant entendu dire « avec beaucoup de joie » que Rosny se disposait à recevoir la lumière de la foy, le surintendant lui rend la monnaie de sa pièce : « Je fais semblable prières à Dieu pour vous et tous ceux de votre compagnie, afin qu'il luy plaise vous illuminer par son Esprit et vous faire cognoistre la vérité. Au lieu du livre que m'avez envoyé pour le voyage de Lorette je vous en envoyé un autre pour celuy de Jérusalem, et vous laisse à juger lequel des deux a plus de marques de l'Esprit de Dieu K » Pendant le carême de 1004, étant allé entendre à l'église Saint-Paul -, voisine de l'Arsenal où il demeurait, un cordelier portugais, Rosny donna trente écus à la quête : aussitôt on fit courir le bruit qu'il voulait se convertir. « On disoit qu'il estoit de deux paroisses fort différentes et éloignées l'une de l'autre -. » Le jour de Pâques lleuries, tandis qu'il était au prêche à Ablon, il fit donner le pain bénit à Saint-Paul, avec « quatre écus au cierge et quatre à l'œuvre. »
Mais c'est vers cette époque, à l'occasion du rétablissement des Jésuites, qu'il a rédigé - - ou du moins inséré plus tard dans ses Mémoires - - une curieuse et très ferme profession de foi. Qu'elle ait été réellement, ou non, adressée au roi vers 1004, elle fixe bien l'attitude respectueuse mais inébranlable du huguenot (trop peu zélé au gré de ses coreligionnaires !) à l'égard des docteurs catholiques. « Ceux qui croient estre assis dans la chaire de vérité, dit-il en parlant d'eux, croient plusieurs choses que je ne crois nullement, » « et nous, ajoute-t-il, en se solidarisant avec les réformés, nous ne croyons rien qu'ils ne croient, ou pour le moins ne scauroient-ils monstrer le contraire, puisque nous recognoissons que si nous faisons des prières qui ne soient pas entièrement conformes à l'Oraison dominicale en substance, nous sommes en erreur ; si nous croyons quelque chose en substance