‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 263 sur 558 · L'ëstoilk, Journal, p · texte numérisé non relu

L'ëstoilk, Journal, p

qui ne soit entièrement conforme au symbole réputé des apôtres, nous sommes en erreur, et si nous croyons que le décalogue ne soit pas de nécessaire observation, nous sommes en erreur i. »

Ces trois points : Pater, Credo, Décalogue, constituent précisément le plan essentiel du catéchisme réformé et de l'Institution chrétienne. Comme la plupart des huguenots un peu cultivés, Sully connaissait certainement à fond le chef-d'œuvre de Calvin. On conserve dans une collection parisienne un exemplaire lui ayant appartenu et dont les marges sont remplies de notes de sa main L>. Quant à la Bible, il possédait, entre autres volumes, un précieux legs de Bèze ; un mois après la mort de ce dernier il reçut un paquet et une lettre : la lettre était du pasteur Diodati •", le volume était le Nouveau Testament, « du vray et original grec avec les versions ancienne et nouvelle » et les annotations de Bèze. Celui-ci, peu avant son décès, avait écrit « un petit mot de dédicace » pour Sully, et chargé Diodati de lui envoyer ce souvenir, « n'estimant point pouvoir mieux recognoistre, envers un Seigneur de tel mérite et remply de tant de piété, » la bonne volonté qu'il avait toujours montrée pour Genève et pour le donateur 4.

Il est certain que Sully était — et surtout devint de plus en plus — attaché à sa foi. Ses coreligionnaires, déçus de le voir trop rarement mettre son influence au service de leur cause, l'ont jugé avec une sévérité excessive lorsqu'ils l'ont « traité en catholique 5 » de son vivant ; et après sa mort E. Benoît l'accuse encore d'avoir été « de ces esprits forts qui se mettent au-dessus de tout quand il s'agit du service de Dieu. De sorte que sa religion n'avoit que les apparences ; encore étoient-elles fort superficielles. »

Le même historien lui reproche d'avoir, sauf dans les dernières années de sa vie, donné peu de <> marques de piété », et « assisté au prêche qui se faisoit dans sa maison d'une manière fort indé-

Page 1