Hist. de l'Edit, II, p
2. Angelo Badoer, ambassadeur vénitien à Paris jusqu'en mars 1605 (Relazioni, etc., publiés à Venise en 1857, Francia, I, p. 117) : « M. de Rosni e calvinista, ma credo che sia di quelli che vogliono esser tali per interessi temporali e pero pareva che una volta a persuasione del re egli si volesse far cattolico, ma dopo l'accidente che gli occorse con il conte di Soissons, ei s'efermato piu ostilmente che mai nella sua perfîda eresia. »
3. D. Bourguignon, « aurelianensis, » qu'on trouve encore inscrit comme étudiant à Genève en 1605, s'exprime ainsi dans la « Déclaration du sieur Bourguignon, cy devant ministre de la religion prétendue réformée, sur le sujet de sa conversion à la Foi) catholique, apostolique et romaine, et sa réception en la saincte Eglise, par Mgr. le reverendissime evesque de Paris, le jour et solemnité de la conversion de Sainct Augustin, avec quarante cinq briefves propositions descouvrantes partie des àbuz, fausseté-, contradictions et malignité: de la doctrine huguenote par ses propres maximes. A Paris, par René Giffart, demeurant près la porte Sainct Jacques, MDCXVII, » avec approbation et permission, 56 p. in-X" (Bib. hist. prot., réserve), page 3 : « Il y a près de quatorze ans qu'entre ceux de la R. P. R. j'ay exercé ce qu'ils appellent la charge de ministre ou pasteur tantost es villes de (lien et Jargeau, tantost es maisons particulières de Mgr. le duc de Sullq et de M. le marquis de Clermont d'Amboise. Depuis six ou sept ans spécialement le Seigneur m'a donné de bons sentiments, etc. »
4. Bontin est en Bourgogne, près de Joigny, commune des Ormes (Yonne).
et dormir '. » C'est aussi à Mantes qu'avait eu lieu le second mariage de Rosny, en mars 1592, avec une cousine germaine de Madame de Mornay, Rachel, fille de Jacques Cochefilet, seigneur de Vaucelas, et de Marie Arbaleste. Elle était catholique, mais à dater de son mariage devint au moins aussi protestante que son époux.
Celui-ci, en sa qualité de seigneur haut justicier, fait célébrer le culte à Rosny, mais seulement pendant ses séjours : ainsi à Pâques 1599 il invite la princesse d'Orange à y venir faire la cène, et voir ses nouvelles constructions2. En 1601 il visite et l'année suivante il achète au duc de la Trémoïlle la terre de Sully qui s'étend jusqu'aux portes de Jargeau, où eurent lieu — comme à Mantes — plusieurs assemblées protestantes de ce temps.
C'est une personnalité singulièrement attachante et complexe que celle de Sully, avec sa figure énigmatique, ses yeux bleu clair, sa barbe rousse, bientôt blanche, son haut crâne chauve, son air un peu rogue •"-. Avec son abord assez froid et ses manières de gentilhomme campagnard on se le représente facilement dans ses domaines ruraux où, comme il le conseillait aux autres, il aimait à résider et à tout surveiller lui-même. Il énumère avec complaisance, dans ses Mémoires 4 les terres qu'il a aussi achetées en Beauce aux Is, à Dourdan, à Villebon, etc., et les grossses sommes qu'il y a consacrées.
Ce provincial n'est jamais devenu vraiment Parisien de goûts ni d'allure, bien qu'il ait passé, depuis l'âge de douze ans, une grande partie de son existence dans la capitale, et s'il y a joué un rôle important dans le développement de l'Eglise, c'a été comme malgré lui. Après avoir habité « près des Enfants rouges •"', » c'est à l'Arsenal qu'il loge depuis la fin de 1599. Il l'a trouvé