FERMETÉ DE MADAME
la surnomma longtemps1, était énergique et fort intelligente, comme sa mère et sa grand-mère. Elle avait l'esprit très cultivé, savait le latin -, le grec, l'hébreu, et plusieurs langues vivantes. Très musicienne, aimant beaucoup le chant et la poésie, elle a composé des stances et sonnets qui ne sont pas sans charme, et ses lettres sont d'un style assez vif •"•.
De bonne heure et, pendant un quart de siècle, elle fut demandée en mariage par de nombreux prétendants : le duc d'Alençon, le prince de Condé, le duc de Savoie, le prince d'Anhalt, le roi Jacques d'Ecosse et même Henri III L A tous elle opposa, jusqu'après l'Edit de Nantes, un refus formel motivé généralement par la différence de religion. En 1596 lorsque son coreligionnaire Rosny est envoyé par le roi à Fontainebleau auprès d'elle pour la décider à épouser le duc de Montpensier, elle laisse entendre qu'elle aime encore (comme dès 1586) « le pauvre comte de Soissons » : c'était son cousin Charles de Bourbon, fds cadet du prince Louis de Condé ! Malheureusement il était catholique, quoique fds de protestant, et il fut pas donné plus de suite à cette inclination qu'à la proposition du roi concernant Montpensier \ ce dont Henri garde pendant quelques temps rancune à sa sœur.
Après l'abjuration d'Henri IV qui fut un terrible crève-cœur pour elle, Catherine de Bourbon devint en fait, au point de vue de la hiérarchie sociale, le chef des réformés. Le roi le recon-
On lit aussi dans le testament de Louise de Coligny (8 nov. 1620 ; B. h. p., 1883, p. 588) qu'elle lègue « au prince Henry, son fils, à condition que ledict sieur prince donnera à mondict sieur d'Andelot, son oncle, une bague couverte de pierreries à laquelle est empreint le pourtraict de feu Madame la duchesse de Bar. » Il serait intéressant de retrouver ce bijou.
1. Lettre de la reine d'Angleterre, 1584 (B. h. p., 1871, p. 475).
2. En fait de latin, lui écrit Cayer, « vous en sçavez plus qu'eux » (vos pasteurs», « et de bon françois avec. » « Vostre âme généreuse a de si beaux accords naturels en elle-mesme, et les voix plus qu'humaines qui résonnent de vostre chant quand il vous plaist, dont tous les plus grands maistres se sont esbahis maintes fois » (Remonslrance à Madame, 1601, p. 35 et 84).
3. Bibl. h. pr. (collection Labouchère), lettres publiées dans le B. h. p., 1866, p. 158 ; 1886, p. 310 ; 1902, p. 483 ; 1908, p. 308 ; cf. 1853, p. 140). La Bibl. natif (papiers Galland, mss. fr. 16676, fol. 126-127, possède deux actes originaux de Cath. de Bourbon datés de 1595. En fait de signature il y a souvent une sorte de monogramme ;)C (deux (] accolés, l'un droit, l'autre renversé).