‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 28 sur 558 · L'ESTOILE, Journal de Henri IV, p. 300, etc · texte numérisé non relu

L'ESTOILE, Journal de Henri IV, p. 300, etc

5. Mémoires de SULLY, collection Michaud et Poujoulat, I, i.xv.

naissait plaisamment : en novembre 1594 comme les ministres d'Aunis et de Saintonge lui présentaient quelque réclamation, il leur dit : «< Pourvoyez-vous pour ce regard vers Madame ma sœur, car votre royaume est tombé en quenouille l. »

Elle prit ce rôle très au sérieux. En 1596 elle écrit au maréchal de Bouillon : « S y non seulement mon bien mais ma vie même pouvait servir à l'avancement de la gloire de Dieu, je les emploierois avec beaucoup de contentement... On m'a dit que l'on fait courir le bruict en Guyenne que j'ay esté à la messe : c'a donc esté à celle de Messieurs de Montigtuj et de la Faye. Obligezmoi de répondre pour moi que je suis résolue de vivre et mourir en la religion que seule je crois et reconnois pour bonne, et que les tourmans ny les grandeurs ne pourront jamais, avec l'ayde de Dieu, esbranler ma foy. Voylà la plus ferme résolution que j'aye 2. »

Conformément à la discipline elle « dresse » une Eglise pour elle et ses gens « dans sa maison ». En 1584 elle avait choisi pour aumônier un ancien précepteur de son frère qui l'avait instruite elle-même dans la religion, Pierre Cayer :!. Après l'abjuration d'Henri IV elle adopta, d'accord avec les synodes, le système de roulement qui avait prévalu pour le roi, deux pasteurs étant de service en même temps à la cour. La princesse s'attacha d'abord tous les anciens aumôniers de son frère 4. Dans la suite elle n'en eut plus qu'un à la fois, par « quartier. » C'étaient tantôt les pasteurs des lieux où elle possédait une demeure, ou des domaines ; tantôt au contraire ils exerçaient leur ministère ordinaire dans des villes éloignées, ainsi Couët (un parisien) à Bàle, au-delà des frontières du royaume.

En application scrupuleuse des règlements synodaux « le Consistoire de l'Eglise réformée qui se recueille sous l'autorité et en la maison de Madame sœur unique du roy » comprit, à défaut

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