Mém. de Sully, I, 246, chap. lxxiii ; cf. cxlix
qualité, les « accords » furent aussitôt communiqués, remarque que « M. de Rosny vouloit regagner crédit entre ceux de la religion et déclaroit que M. de Laval n'auroit point sa fille, s'il changeoit [de religion]. Sa Majesté donc s'adviza de recommander à M. de Rosny le mariage de sa fille avec M. de Rohan, lequel aussy par ceste alliance il astreignoit tant plus à son service 1. »
L'affaire fut menée rondement. Le roi dit à Rosny : « Mon cousin de Rohan viendra vous parler dans trois jours et sa mère aussi. Et pour tesmoigner que c'est moy qui fais ce mariage, eux et moy nous vous irons demander vostre fdle, et feray dresser le contract en ma présence, et le signeray comme parent des deux costez. »
Ainsi fut fait, et j'ai retrouvé dans les minutes du notaire prolestant François, l'acte du 7 février 1605-' signé d'abord Henry, puis Henry de Rohan, et, d'une écriture malhabile de petite écolière, Marguerite de Béthnne.
Avec quel orgueil Rosny dut voir son nom ainsi placé immédiatement après celui du roi et du chef d'une maison qui prétendait au premier rang parmi la noblesse de France ! Tout récemment le roi avait érigé en duché-pairie mâle le vicomte de Rohtm comme « la plus ancienne vicomte de France, celle qui, depuis plus de douze cents ans, a tenu titre :î, » et on a pu dire que, dans les années suivantes, Henri II de Rohan allait être « le dernier chef des huguenots 4. »
Le roi avait promis dix mille livres au marié et autant à la mariée : sommes représentées dans le contrat par la charge de colonel général des Suisses conférée au duc. Rosny donnait à sa fille cent cinquante mille livres en deniers comptants, et trente mille au jour où la petite Marguerite aurait « atteint l'aage pour