TRANSFERT DU LIEU D'EXERCICE
le moment, le refus de l'autorisation royale l. Plusieurs arrêts du Conseil d'Etat en 1606 tranchent dans un esprit conciliant et souvent en faveur des protestants des questions relatives au transfert des lieux d'exercice en diverses provinces 2.
En mai le ministre était à Sully, en juin à Paris, en septembre il sera à Fontainebleau ; mais en s'y rendant il tomba malade à Brie-Comte-Robert ; or la lettre du roi demandant aussitôt de ses nouvelles est du 29 août 3. Les Mémoires, pendant ces années 1605 et 1606, ne renferment (à dessein, sans doute) aucune indication directement relative au transfert du culte, mais nous savons par l'Estoile que le prêche eut lieu pour la première fois le 27 août à Charenton. Ce rapprochement de dates me paraît établir, d'une façon plus précise qu'on ne l'avait encore fait, la part tout à fait personnelle que Sully prit au transfert de l'exercice, et la sollicitude avec laquelle il tint à ne pas s'éloigner de Paris avant que la chose fût faite. Peut-être de même est-ce après avoir assisté à ce premier culte à Charenton qu'il continua son chemin vers Fontainebleau et s'arrêta à Brie, l'une des étapes ordinaires sur la route de Bourgogne.
A côté de Sully, parmi les conseillers d'Henri IV qui s'employèrent à le décider en faveur de leurs coreligionnaires parisiens, il faut nommer un homme dont ce fut l'une des dernières actions, car il mourut le 9 septembre : Soffrey de Calignon, chancelier de Navarre après Michel Hurault de l'Hôpital, et collègue de Sully