‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 286 sur 558 · Mém. de Sully, II, 155 et · texte numérisé non relu

Mém. de Sully, II, 155 et

2. 21 mars 1606 : les protestants de Jargeau, qui faisaient le prêche dans une maison appartenant à l'évêque d'Orléans, échangeront ce bâtiment contre un autre qui leur sera désigné par le gouverneur ; 13 juillet 1606 : .losse Tardif continuera, suivant son droit seigneurial, de faire célébrer le culte aux îles Grosvilain, à moins que les habitants n'aiment mieux lui concéder un terrain dans les marais de Beaugency ; 17 août 1606 : un terrain est assigné aux protestants de Dieppe au faubourg de la Barre ou ils puissent reconstruire un temple à la place de celui qui a été renversé par l'ouragan du lundi de Pâques ; 9 novembre 1606 : les protestants de Clermont en Beauvaisis sont autorisés à exercer provisoirement leur culte dans une de leurs maisons des faubourgs (Archives nationales K 10b, f" 111 ; E Ha, f 52 et f° 169, cf. E12a, t" 135 ; E 11b, f 358).

3. Ibid., p. 160 et 162 : lettres de Villeroy et d'Henri IV à Sully.

au conseil des finances \ On lui a même attribué parfois — à tort, nous venons de le voir - tout le mérite d'avoir obtenu le rapprochement du lieu d'exercice ~. Il avait déjà pris une grande part à la rédaction de l'Edit de Nantes et jouissait de la confiance du roi qui naguère l'avait chargé d'aller chercher à Marseille Marie de Médicis {.

En 1000 on se préparait non plus à recevoir la reine, mais à célébrer le baptême de ses trois enfants, et, malgré l'opinion contraire de notre savant prédécesseur M. Ch. Read 4, il nous paraît tout à fait naturel de penser que deux écrivains catholiques contemporains de la Révocation, Le Fèvre et Soulier, ont raison d'établir une corrélation entre ces préparatifs de baptême et les négociations relatives au transfert du culte.

Fidèle à sa ligne de conduite habituelle : tenir la balance égale entre ses sujets « de contraire religion, » Henri IV, qui mécontentait les catholiques en rapprochant le lieu d'exercice, leur accorda d'autre part une satisfaction en faisant retarder le synode national qui devait se tenir à La Rochelle ; les catholiques désiraient que cette session n'eût pas lieu pendant le séjour en France du légat venu pour les baptêmes 5. Tandis qu'il accordait ceci aux uns, le roi montrait aux autres qu'à Noël 1005 il n'avait pas fait

1. Ses deux fils, reçus comme pensionnaires chez Casaubon, allèrent souvent avec lui au temple de Charenton {Ephémérides, p. 642, veille des ides de décembre 1608, etc.).

2. Ainsi Teissieh, Eloges des savants, lires de l'histoire de M. de Thou, t. IV, p. 512 (édition de Leyde, 1715, in-12), art. Calignon : « Ce fut par son intercession que les protestants de Paris obtinrent du Roi que l'exercice se feroit à Charenton, au lieu qu'auparavant il se faisoit à Blond (sic). •> On est surpris de voir cette opinion adoptée sans réserve par la France prot., 2e éd., t. III, col. 488. Cf. B. h. p., 1853, p. 258, n. 1.

3. Un arrêt du Conseil d'Etat du 11 mars 1598 avait réglé le paiement de 633 écus 1/3, accordés au président de Thou et au sieur de Calignon, conseillers d'Etat, pour les appointements extraordinaires du mois de février ou « ilz ont esté employez au traitté qui se faict avec ceulx de la religion » (Archives nat., ms. fr. 18162, f. 124).

4. B. h. p., 1854, p. 420. ,1. Le Fèvre, Recueil de ce qui s'est fait en France de ]>tus considérable contre les protestants, etc., Paris in-4°, 1686. Soulier, Explication de l'Edit de Nantes, Paris, 1683.

5. <■ Des provinces ont escrit aux députez qui sont à ma suite pour en faire instance.. .. Je vous prie les envoyer quérir [du Gros et La Noueï, sçavoir la vérité dudit advis, et en rompre l'exécution » (Lettre d'Henri IV à Sully, 8 mai, dans les Mém, de Sully, II, 157).

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