LA RESTAURATION DE PARIS
gne « hors la porte du Temple i, » qui fut réédifiée à cette époque, ainsi que la porte Saint-Bernard-'. A la porte Saint-Antoine on éleva des bastions- ; le « pont neuf » était achevé depuis 1603, on lui adjoignit des quais, en amont et en aval, dans l'île du
Palais.
C'est à Sully qu'est dédiée en 1601 une plaquette de style rabelaisien, en prose et en vers, aujourd'hui rarissime et intitulée : « La conférence des architectes et grands esprits de ce temps, » par allusion aux vastes entreprises architecturales et politiques du roi et de son ministre *. Personnellement, Sully préférait conseiller aux gentilshommes de province de rester dans leurs terres pour les cultiver ; il n'aimait guère les voir venir à Paris dépenser leur argent ; cependant, sur le désir du roi, il encourageait les familles nobles, les parlementaires, les financiers, à construire des hôtels de belle apparence. C'est ainsi qu'en 1607 le président de Harlay devint concessionnaire d'une entreprise considérable, la place Royale, le plus admirable témoignage de cette préoccupation ingénieuse : faire concourir le pouvoir central et les fortunes privées à l'embellissement de Paris.
Pour réaliser ces vastes plans, Sully trouva parmi les membres de l'Eglise réformée des collaborateurs précieux. Loin de mériter le reproche si fréquemment et si injustement fait aux protestants d'être des Béotiens, étrangers à toute préoccupation artistique, les huguenots mirent avec empressement leur talent et leur argent au service du roi et de son ministre pour cette œuvre nationale de la restauration de Paris et du bon renom de l'art français. Le faubourg Saint-Germain où ils étaient le plus nombreux fut aussi le quartier qui se développa le plus remarquablement alors. Maint acte notarié mentionne l'achat de champs ou de terrains vagues occupés seulement par quelque masure, vestige d'une « maison ruinée pendant les troubles ; » et l'acquéreur va édifier là des bâtiments d'habitation et de commerce.
Sur cette rive gauche habite une famille - - presque une tribu — d'artistes protestants dont les biographies résumeraient, dans ses