CULTE A L'HÔTEL DE SOISSONS
de membres de sa famille, quelques-uns des protestants attaches à sa maison 1.
Il ne semble pas que Madame ait assisté aux séances du Consistoire de son Eglise. Ce n'est qu'à la fin du xix° siècle que le féminisme devait apparaître dans les conseils ecclésiastiques.
Dès son arrivée, à Paris, après l'abjuration de son frère, le mercredi 13 avril 1594, on voit que Catherine de Bourbon fera ostensiblement acte de protestante. « Elle arrive accompagnée de huit coches et carrosses. Le peuple de Paris qui regardait passer son train, voyant des gentilshommes dans un des coches, se disoient l'un à l'autre : ce sont ses ministres -. »
Quelques piètres avaient, mais en vain, excité la foule contre elle : le fameux prédicateur de la Ligue Lincestre l'avait appelée « la Jézabel française qui attire sur le pays la colère divine ; un serpent, un démon sorti des montagnes traînant à sa queue et à ses talons une douzaine de diables comme autant de chiens courants 3. » On voit sur quel ton de haine étaient encore prononcés certains sermons catholiques et combien on s'attendait à voir Madame jouer le rôle actif qui fut en effet le sien dans la restauration du protestantisme à Paris.
Le premier baptême inscrit sur les registres de l'Eglise de Paris — brûlés en 1871 dans l'incendie du Palais de Justice — date d'août 1594 *.
Catherine de Bourbon habitait à Paris tantôt au Louvre avec son frère, tantôt dans un hôtel précédemment appelé Hôtel de la Reine. C'était en effet Catherine de Médicis qui l'avait fait construire par J. Bullant ; il datait donc à peine d'un quart de siècle, et Catherine de Bourbon y fit faire d'importants travaux d'aménagement et d'agrandissement •"'. Plus tard, acquis par un ancien prétendant malheureux à la main de la princesse, il fut
1. Nous ne connaissons que les noms de quelques anciens postérieurement à PKdit de Nantes et au mariage de Madame en 1599 : son valet de chambre et huissier Jean sieur de Boyville, son sommelier Marc de la Campagne, son médecin Claude de Gombaud. Quelques extraits des actes du Consistoire « depuis le 6 juillet 1595 » figurent dans les Observations séculaires, ms. de Paul Ferry déposé à la bibl. publique de Metz ; le B. h, p. en a reproduit certains passages en 1856 (p. 148 et suiv., art. de M. O. Crvn-n, Catherine, duchesse de Bar, sa-ur d'Henri IV).