‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 31 sur 558 · li. h. p., 1872. p · texte numérisé non relu

li. h. p., 1872. p

5. Voir à la fin de ce chapitre le règlement de comptes en 1604.

appelé Hôtel de Soissons 1. C'est là qu'Henri IV arrivant de Picardie descendit d'abord le mardi 27 décembre 1594 avant d'aller à pied, à cause du grand froid, chez Madame de Liancourl 2, où il fut frappé par Jean Chastel !. Aussitôt après l'attentat, Madame avertie et « vivement navrée jusques au fond du cœur eut recours aux prières, lesquelles elle fit faire incontinent et publiquement dans sa chambre, en très grande compagnie, où on pria Dieu ardemment pour la conservation et santé du Roy 4. »

Il est question ici d'un culte privé, quoique célébré « en très grande compagnie, » puisque il eut lieu dans la chambre de la princesse. Mais depuis plusieurs mois déjà Catherine de Bourbon, chaque fois qu'elle était à Paris, faisait faire publiquement le culte en plein Louvre, autant que possible chaque dimanche. C'était dans « une grande salle basse » pouvant contenir jusqu'à quinze cents personnes 5. Ce chiffre n'a rien d'exagéré s'il s'agit, comme on a lieu de le croire, de la salle du rez-de-chaussée au sud de la tour de l'Horloge, faisant actuellement partie du musée des antiques et appelée Salle des Cariatides à cause de quatre chefs-d'œuvre de Jean Goujon, l'illustre sculpteur protestant ,;. ('eux qui venaient là au culte pouvaient y retrouver de tragiques souvenirs. Beaucoup d'entre eux avaient vu le massacre du 24 août 1572, ou avaient perdu des parents dans cette nuit de la Saint-Barthélémy. Avec quelle émotion ils devaient, grâce à la

1. C'était vers remplacement actuel de la Bourse du Commerce, entre les rues du Four (aujourd'hui Vauvilliers), Coquillière, de Grenelle (auj. du Louvre) et des deux Kcus. La façade se trouvait rue du Four entre la rue des deux Kcus et l'Eglise Saint-Eustache (Cf. Mémoires de l'Académie des inscriptions, 1751, F. XXIII, p. 262). Voir ci-dessus page 39.

2. Gabrielle d'Estrées habitait alors à l'hôtel du Bouchage près du Louvre. Ce fut ensuite la maison des Pères de l'Oratoire dont la chapelle est aujourd'hui le temple protestant de la rue Saint-Honoré.

.'{. Mabbault, Remarques sur les Mémoires de Sully, p. 24, à la suite de ces Mémoires dans la collection Michaud.

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