ARBORICULTURE. LES ORMES
C'est un art très français aussi, et très parisien, que celui des jardins et de l'arboriculture. S'il commandait volontiers des bâtiments, des tableaux et des médailles, le roi aimait aussi (et Sully surtout favorisait) les plantations d'arbres. On sait combien le ministre a fait planter d'ormes, à tel point qu'en certains pays on les appellait des « Rosny. » A certain moment ses ennemis coupaient les ormes le long des grands chemins en disant : « C'est un Rosny, faisons-en un Biron, » par allusion à la décapitation du maréchal (c'était donc en 1602 ou peu après). FA Tallemant, nui ne l'aimait guère, ajoute : Sully « avoit proposé au roi, qui aimoit les établissements, d'obliger les particuliers à en mettre le long des chemins ; et comme il vit que cela ne réussissoit pas, il fut le premier à s'en moquer1. » Il planta lui-même en maint endroit, par exemple, en 1605 dit-on, dans l'ancienne commanderie des Frères hospitaliers de Saint-Jacques du Haut-Pas '-. Près de l'Arsenal où il habitait Sully en avait garni le Mail, depuis la rue du Petit Musc jusqu'aux fossés ::. On mit un orme devant un grand nombre d'églises et de temples : l'église Saint-Gervais -*, les temples de Charenton et de Claye, etc.
Les amis de Sully, notamment les grands seigneurs protestants, imitaient son exemple : Louise de Coligny faisait venir dans sa terre de Beauce des ormes femelles qu'elle achetait cinquante francs le cent, ce qui, remarque-t-elle ensuite en bonne ménagère, est trop cher, au dire d'un voisin plus compétent — huguenot aussi — : « M. de la Rainville dit qu'en plantant des mâles j'aurai à beaucoup meilleur marché ; les faisant enter ils seront encore plus beaux que les autres, » et sans doute sa bellefille Madame de la Trémoïlle profitait de ces renseignements pour son propre compte à Paris et à Thouars •"'.
Après les ormes les mûriers (!, qu'on peut en certains cas enter