Brevet du 4 janvier
4. En 1627 cet atelier de Dupont fut transféré à la Savonnerie (à Chaillot).
5. Guiffrey, Les Manufactures parisiennes, p. 57. D'après Sauvai Laurent, comme directeur, recevait un écu par jour et cent francs de gage, les compagnons avaient de 25 à 40 sols.
6. Guiffrey, Hist. île la tapisserie depuis le mouen-àge (Paris, Manie,
1886, in-8°), p. 282.
7. En 1603 la commission du commerce à laquelle Sully et Laffemas attribuaient une si grande importance fit approuver par le Conseil d'Etat un projet d'édit relatif aux marchands étrangers. Ils pouvaient s'établir à Paris et dans quelques autres villes seulement, en demandant des « lettres de naturalité ». Celles-ci n'étaient accordées qu'après un an de domicile. Plusieurs des marchands qui bénéficièrent de ces dispositions, amenant avec eux leurs capitaux et leurs familles, fournirent un sérieux appoint tant au commerce parisien qu'à l'Eglise réformée. Cf. Fagniez, op. cit., p. 272.
TAPISSIKRS FLAMANDS 359
Majesté. » Dès le mois d'avril suivant arrivent en France deu\ Flamands devenus beau-frères à une époque que nous ignorons : François van den Planken (qui fut naturalisé sous le nom de De la Planche), orginaire d'Audenarde (un des principaux centres de la tapisserie), et Marc Comans d'Anvers K La société formée entre eux dura jusqu'en 1627 et fut continuée d'abord entre ieurs fils, qui se séparèrent ensuite, R. de la Planche s'étant transporté au faubourg Saint-Germain, rue de la Chaise. Plusîeurs membres de ces familles, intimement liés aux Gobelins, Canayes et Chenevix, étaient protestants2. En janvier 1607 des lettres patentes constatent qu'ils sont établis au faubourg Saint-Marcel et leur accordent un privilège de quinze années. Les tapissiers seront logés gratuitement, relevés du droit d'aubaine, dispensés des tailles ; les directeurs ne paieront aucun impôt sur les matières premières nécessaires à la fabrication (laines, soies, etc.) ; chacun aura 15.000 livres de pension :!. Ils devaient avoir toujours en activité soixante métiers à Paris et vingt dans une autre ville, mais pouvaient administrer leur affaire comme ils l'entendaient, avec une liberté d'initiative bien faite pour plaire à des protestants.
En mars 1607 le roi ordonne de leur verser cent mille livres promises pour une fois et dont ils n'avaient encore rien reçu 4 ; le paiement tarde, ils réclament de nouveau, le roi insiste auprès de Sully, lui disant : « Mon intention n'est pas de les voir ruinez, mais bien de voir faire cet establissement sans qu'ils y perdent, ny aussi qu'ils se facent trop riches à mes despens 5. »
Cependant les ouvriers flamands groupés en assez grand nombre autour de Comans et De la Planche, étaient des concurrents contre lesquels protestent les artisans français. Le Bureau de la Ville rend une décision interdisant aux Flamands de vendre autre marchandise que celle fabriquée par eux ; et nous trouvons là une indication intéressante sur la nature des tapisseries
1. Déclaration faite le 10 janvier 1622 par devant notaire en l'hôtel des Gobelins par la mère de François de la Planche ; la veuve de celui-ci habitait en 1627 l'hôtel des Canayes (Guiffhey, Man. ]><ir., p. 82 1.
2. En février 1614, Jehan de la Planche, cciivcr, est parrain de Mathieu Chenevix à Charenton ; en novembre 1616 < M. Coman » est parrain de Jacques Chenevix ; en décembre 1617 Philippe de la Planche est parrain de Philippe Chenevix (II. h. p., 1858, p. 494).
,'{. Guiffrey, Histoire de lu tapisserie, p. 294.
4. Correspondance d'Henri IV, éd. Berger de Xivrcy, t. VII. p. 131,