LE COMMERCE DU PASTEL
Son mari Claude Chrestien était avocat au Parlement ; ils demeuraient rue Saint-Jean de Beauvais 1. Madeleine et Marguerite avaient trouvé des partis moins relevés : Daniel Gûillemard, sieur d'Ablon -', procureur au Parlement, et Mathieu Langlois, procureur en la chambre des comptes. La quatrième fille, Suzanne, a épousé un marchand drapier, Paul Le Chenevix, demeurant rue Saint-Jacques près la bibliothèque du roi :!. Leur contrat de mariage, par devant Me François, porte la signature de nombreux Gobelin et Canaye 4 ; au mariage de la cinquième sœur, Catherine (appelée aussi parfois Suzanne) avec Jehan Lormeau, sieur de Longpré, figure aussi le nom du pasteur F. de Lobéran "■.
L'une des principales sources de la fortune des Canayes et des Gobelins paraît avoir été le commerce du pastel. Alors employée couramment pour la teinture des étoffes, cette plante était cultivée dans les Comtés de Toulouse et de Foix, l'Albigeois et surtout le Lauraguais <• ; nulle part en Europe on n'en trouvait d'aussi bonne qualité ni en aussi grande quantité : il y avait jusqu'à quatre récoltes par an. Les feuilles étaient, dans des moulins, réduites en pâte avec laquelle on faisait des espèces de pelotes". Celles-ci séchées sur des claies, étaient envoyées aux teinturiers qui broyaient ces pelotes et délayaient la poudre dans l'eau pour teindre les étoffes, soit en bleu, soit - par divers mélanges — en d'autres couleurs s. Vers 1568 les Canayes em-