Edition de 1611, p
2. Et Cayer conclut par cette réflexion mélancolique qui a élé plus d'une fois justifiée de nouveau depuis quatre siècles : .Mais le François a cela de mauvais qu'il ne continue pas : il n'a que la première poiucte » (Chronologie septénaire de 1605, 1. IV, édition de 1611. p. 410).
374 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV
Les protestants parisiens ont ainsi favorisé par leurs travaux, leurs conseils et leurs capitaux les entreprises commerciales et industrielles à Paris et dans toute la France : par exemple Marc de Comans et François de la Planche, antérieurement à 1610, se sont associés pour faire l'importation des blés i ; et on trouverait probablement aussi trace de leur collaboration aux expéditions coloniales essayées à cette époque, mais cela nous entraînerait trop loin de Paris... Ce que nous avons dit peut donner déjà quelque idée de l'appui qu'ils ont prêté si efficacement aux grands desseins d'Henri IV 2,
Qu'ils soient en relations d'affaires du côté de la Mer du Nord et de la Manche avec leurs coreligionnaires de Hollande et d'Angleterre, ou qu'ils rivalisent d'énergie et d'ingéniosité, dans !e bassin de la Méditerranée, avec les marchands de Gênes et de Venise ou les banquiers de Florence, partout, en augmentant leur propre négoce, ils étendent l'influence française. On a souvent parlé de la crise économique grave qui, après la Révocation de l'Edit de Nantes, a appauvri Paris à la fin du xvne siècle : il faut noter avec insistance le phénomène contraire qui avait marqué le début du même siècle ; grâce à l'Edit lui-même, la liberté religieuse avait attiré dans la capitale nombre de ces marchands et ouvriers protestants, français et étrangers, dont les petitsenfants quitteront Paris lorsque cette liberté religieuse sera supprimée. Elle avait contribué à donner à la France une ère de prospérité admirable. Après avoir précisément étudié l'histoire des tapissiers parisiens, un excellent juge a pu formuler cette conclusion générale : « C'est Henri IV - et nous ajoutons : c'est en partie le peuple réformé parisien, protégé par lui - - qui a réuni
1. Guiffrey, Manuf. par., p. 83. Un contrat de 1615, relatif à des fournitures de blé faites à Malte, mentionne en outre Jérôme Van Ufle et le sieur de Villebouzin parmi les associés. Villebousin est dans la commune de Ballainvilliers (arr. de Corbeil).
2. En bien des cas on voudrait — mais sans y parvenir — suivre plus loin des chemins à peine indiqués vers des domaines fort intéressants. Ainsi M. Fagniez (p. 234) signale que « le 20 décembre 1608 le Conseil d'Etat approuve les statuts soumis par le sieur de Fontenu, avocat au parlement, pour la création d'une banque de France qui eût été une banque de dépôt et de prêt, non d'escompte et d'émission ; mais le capital — 1.500.000 livres — ne fut pas souscrit. » Impossible, jusqu'à présent, de trouver aucun renseignement sur ce Fontenu : il y a eu des Fonteneau originaires de la Rochelle, et protestants.