SITUATION JURIDIQUE DES PROTESTANTS 'M
les éléments de la gloire de Louis XIV ; c'est lui qui a rendu possible l'œuvre féconde de Colbert l. »
§ 4. Situation juridique des protestarts
Outre des noms de patrons, comme les de la Planche associés aux Gobelins, les registres d'Ablon donnent ceux d'ouvriers de toutes sortes de métiers : rubanniers, brodeurs, etc., domiciliés plutôt au faubourg Saint-Marcel -. Patrons, ouvriers et apprentis protestants, à cette époque, n'ont pas été exposés à autant de vexations ni de restrictions qu'ils eurent à en subir plus tard. La question des rapports entre catholiques et protestants dans les divers corps de métiers était cependant fort délicate ; peut-être Sully pensait-il à la sécurité des protestants parisiens, aux représailles qui les menaçaient, eux si souvent victimes des premiers coups sans provocation, lorsqu'il adressait des conseils de libéralisme aux protestants rochelais au moment même où le culte venait d'être transféré à Charenton : « Quant aux maîtrises et arts mécanicques vous ne devez nullement empescher [les catholiques] d'estre receus, et encore moins chasser hors de vostre ville les compagnons de mestier et serviteurs de boutiques pour estre catholicques, car cela prejudicieroit à ceux de la religion où les catholicques sont les plus puissants 3. »
L'Edit de Nantes avait beau, en effet, prescrire l'admissibilité des réformés aux « dignitez et charges publiques quelconques, indifféremment et sans distinction » (art. XXVII), certaines corporations refusaient obstinément de tenir compte de cet article, par exemple à Paris les orfèvres, au nombre desquels se sont trouvés de bonne heure un assez grand nombre de protestants 4. D'après un règlement qui remontait à 1456 le « métier et état de