‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 341 sur 558 · Cf. Berty. Topogr. hisl. du vieux Paris, III · texte numérisé non relu

Cf. Berty. Topogr. hisl. du vieux Paris, III

Conseil désignait un emplacement voisin de l'autre côté de la rue Saint-Père, mais encore au sud de la limite du Pré-aux-Clercs. Dans ces parages semble s'être trouvé une voirie T (voisinage toujours aimablement choisi). Joachim Meurier, maître orfèvre, demeurant « au bout du pont des Changeurs, paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, » possédait là un jardin « clos de murs, » et contenant vingt-sept toises de long sur quinze de large. » Il appartenait précédemment au sieur de Fontaines-Chalandray qui l'avait vendu à Meurier en même temps que « l'hôtel de Sansac, » maison située entre le jardin et la rue. Ce terrain était « chargé de trente-neuf sols tant de deniers de rente -. »

C'est aujourd'hui le n° 30 de la rue des Saints-Pères, contigu à l'Ecole des Ponts et Chaussées. Quelques arbres sont encore plantés dans la cour qui occupe la plus grande partie de l'ancienne surface du cimetière. En arrière se trouvait un moulin à vent, vers l'emplacement actuel du Dépôt d'artillerie de l'autre côté de la rue du Pré-aux-Clercs, dans la direction de Saint- Thomas d'Aquin.

Une carte dressée précisément vers cette époque montre, séparé du Pré-aux-Clercs par deux longues bandes de terrain, closes de murs, une sorte de trapèze également entouré de murailles. Dans l'angle, en face la chapelle « S. Père » (seul mot inscrit sur cette partie du plan), on remarque une maison longeant une rue latérale (aujourd'hui Perronet) avec dépendance perpendiculaire à la rue des Saints-Pères. A l'angle opposé est une butte avec le

1. P. ex. d'après le grand « plan archéologique » d'A. Lenoir (Bibliothèque de la Ville de Paris).

2. Les mesures plus exactes sont de 30 m. 65, 43 m. 84, 19 m. 32, 50 m. 69, d'après un document que possède la Bihlioth. de la ville de Paris : " Censive de l'Université déterminée dans le faubourg S. Germain, d'après le bornage de N. Girard, arpenteur, fait par arrest de la Cour du 14 mai 1551, et recherché géométriquement par le baron de Molina, colonel ingénieur, pour contenir exactement la même superficie donnée par Carron et Fleuri en juillet 1674 » (collationné par Molina en 1753). Le « Cimetière des Huguenots » correspond au n° 29 d'une » II' feuille. •> Un trapèze est limité à l'est par la rue des Saints-Pères (15 toises, 4 pieds, 1 pouce), au nord par une ligne parallèle à la limite du grand Pré-aux-Clercs (23 t.. 0 p., 1 p.», à l'ouest par une ligne perpendiculaire à la précédente (9 t., 5 p.. 6 p.) ; au sud, il y a 26 t., 0 p., 9 p. ; six propriétés occupent, de ce côté, l'espace entre notre terrain et la rue Saint-Guillaume. La légende de ce n" 29 : « Maison et cimetière de l'hôpital de la Charité, » date de la révision de 1753.

moulin déjà noté ailleurs. Au-dessous, et à droite, jusqu'à la Seine, il n'y a plus une seule maison i.

Six ans plus tard le plan de M. Mérian (1615) représente en face la chapelle deux bâtiments en équerre dont le principal est en façade sur la rue des Saint-Pères. Un petit jardin, carré, clos de murs, les sépare d'un espace planté d'arbres au fond duquel, en retrait, on distingue cinq petits objets verticaux, moins grands que les arbres — peut-être les tombes protestantes. Au nord du cimetière est alors tracé le nouveau « jardin de la royne, » régulièrement planté d'arbres -.

Mais en 1604, tout autour du jardin de J. Meurier, il n'y avait que des champs à l'ouest de la rue des Saints-Pères. A l'est, un peu plus bas en descendant vers la Seine, on allait bientôt (1607) construire l'hôpital de la « Charité, » pour les frères Saint-Jeande-Dieu. (Dès 1602 Marie de Médicis en avait fait venir de Florence cinq et les avait établis rue des Petits-Augustins ; ils durent bientôt céder la place à la reine Marguerite, pour ses constructions nouvelles •"•). C'est à eux que le cimetière sera donné quelques jours avant la Révocation 4.

L'emplacement du terrain ayant été ainsi établi, voyons comment les protestants furent mis en possession. La chose eut lieu aussitôt après l'arrêt du Conseil d'Etat 5. Le lieutenant civil François Miron avait convoqué pour le 6 mai 1604 les « députés de ceux de la religion prétandue réformée, » M. de Saint-Germain, qui ne vint pas, et J. Mercier. Avec le propriétaire J. Meurier ils trouvèrent sur place un procureur de l'abbaye, deux religieux, et le curé de Saint-Sulpice (sur la paroisse duquel est la rue des Saints-Pères), « vénérable et discrète personne maistre

1. Description nouvelle de la aille, cité, Université et fauxbourgs de Paris, publiée en 1(509 par Fr. Quesnel.

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