Ci-dessus p. 17, dans l'angle inférieur à droite
3. Cf. Articles présentez à nos seigneurs de la Cour du Parlement pour l'administration de l'hôpital de la Charité, Paris, in-4°, 1620, p. 12 (Bihl. nat., m s. fr. 21805, fol. 187).
4. Nouvelles à la main publiées dans le B. h. p. 1907, p. 467 : « 3 octobre 1685. On a osté aux gens de la religion le cimetière qu'ils avoient dans le faubourg Saint-Germain et on l'a donné à l'Hostel-Dieu et aux religieux de la Charité. »
5. Procès-verbal aux Archives natlcs, fonds S. (îermain-des-Prés, S. 2839, (iinc. cote) publié par M. Read dans le B. h. p. 1863, p. 36.
Henri Lemaire, docteur régent en la faculté de théologie. » Le procureur du roi enjoignit à Meurier de remettre les clefs à J. Mercier. Meurier demanda qu'il lui fût payé neuf cents livres tournois, tout en reconnaissant que lui-même avait versé sept cents livres seulement au précédent propriétaire. Le procureur, quand même, mit en possession du jardin « lesdits de la religion prétandue réformée, » en donnant les clefs à J. Mercier ; celui-ci devait bientôt recevoir « les deniers provenant de la valeur du jardin » comme dépositaire de biens de justice. Mais les réformés trouvaient trop élevé le prix demandé. Il y eut « prisée et estimation » par Jean Fontaine, maître des œuvres de charpenterie des bastimens du roi, le 18 mai, et la somme à payer fut réduite à celle que Meurier avait déboursée lui-même : sept cents livres tournois.
Trois jours après, Sully signe une ordonnance : nous le voyons sans surprise intervenir dans cette affaire, comme, l'année suivante, pour le transfert du culte. Mandat est donné au trésorier de l'épargne de payer à Meurier le prix ainsi fixé ; mais ceux qui la verseront entre les mains du vendeur sont deux membres du Consistoire dûment délégués à cet effet : « Noble homme maistre René Le Cointe, advocat en la cour de Parlement » (le beau-frère du pasteur Lobéran) et « maistre Samuel Dufresnoy, procureur en ladite cour, demeurans à Saint-Germain-des-Prés lez Paris, rue de Seine et des Marests, presens et comparans au nom et comme anciens de l'Eglise pretandue reformée de Paris, eux disans députez et avoir charge de ceux de ladite Eglise. » La formule est beaucoup plus nette que pour les contrats précédemment rédigés par M" François relatifs à Ablon. L'acte fut passé le 2 juin devant deux notaires catholiques, Guillard et Bontemps 1.
Voilà donc les réformés mis en possession d'un nouveau cimetière pour remplacer celui dont ils ont été privés, et en cette, circonstance l'Edit est strictement appliqué - - en grande partie sans doute grâce à Sully - - selon la lettre et selon l'esprit : le prix
1. L'original était resté dans l'étude de M' Bontemps ; le B. h. />. (186:5, p. 38) a publié la minute collationnée par M. de Massanes, pour servir
t;uxdits de la H. 1*. R. » Antoine de Massanes, ancien conseiller et secrétaire fîu roi, était au moment de la Révocation le doyen d'âge du Consistoire et demeurait rue des .Marais (Douen, Révoc. 11, 17, et B. h. />. 1863, p. 14). Il Était déjà « ancien » en l(i.")8 (Fr. prot. 2e éd., Y. 541).
du terrain est à la charge des finances royales et non des réformés, conformément à l'article XXVIII ; le vendeur doit accepter le prix fixé par expert, et sans qu'il y ait « homme vivant et mourant » à la place de la collectivité protestante *. Des emplacements destinés à la même affectation ont été, dans des conditions analogues, mis à la disposition des protestants sur l'avis des commissaires exécuteurs de l'Edit, en certaines provinces, à cette époque, mais il n'en avait pas été et il n'en sera pas toujours ainsi partout ; souvent, avant ou après cette époque, les réformés n'auront de cimetière que s'ils achètent eux-mêmes le terrain ou si l'un des leurs en fait don à l'Eglise 2.
Ce jardin affecté entièrement aux protestants parisiens pour leur usage, et non distrait d'un plus grand cimetière comme à la Trinité, était heaueoup plus vaste, sans avoir encore une superficie très considérable (environ douze ares).
Le premier acte d'inhumation aurait été, d'après M. Read 3 daté du 21 mars 1004. Il est permis de se demander s'il ne fal-
1. Ceci était également conforme à la Réponse du roi au XIII' article du cahier présenté en 1602 par les réformés : « Les seigneurs directs des places (lui ont été ou seront achetées suivant le XVIe article de l'Edit tant pour faire l'exercice de ladite religion que pour les cimetières seront satisfaits pour une seule fois de leur indemnité au dire d'experts, sans pouvoir obliger les acquéreurs à leur bailler homme vivant et mourant. »
2. Voici un exemple de chacun de ces trois cas, sous Henri IV : Le 2 décembre 1599 un marchand d'Orléans « fréquentant les foyres du Poictou » achetait par devant un notaire de Niort, pour 90 écus d'or, une maison et un jardin à Orléans, près des remparts ; le 16 du même mois il déclare par devant le notaire du Consistoire d'Orléans, M* Sevin, que l'acquisition a été faite avec les deniers des Réformés, pour employer le jardin c tmme cimetière (B. h. p. 1899, p. 568).
En Bourbonnais, au contraire, le 22 août 1603, les commissaires Frère et Chandieu assignent « pour lieu et cymetière deux boisselées de terre au champ à eulx offert par les maires et eschevyns » (de Moulins) au village de Vernies (B. h. p. 1863, p. 390).
A Saint-Quentin, les réformés, après l'Edit, utilisèrent d'abord un champ qu'un des leurs avait donné, « dans les fosses d'un bastion, » mais il fallait « passer par le cloître de l'église de Saint-Quentin, » cela causait « des difficultés continuelles. » Alors, « pour vivre en plus grande paix et concorde avec ceux qui ne sont de ladite religion, ils ont délibéré de faire leur cimetière en certain jardin qui leur avoit esté à ceste fin donné par F. de la Ruelle. » Le lieutenant civil les y autorisa le 12 juillet 1608 (Daullé, Réforme à St-Quentin, 2e éd., 1905, p. 69).
lait pas plutôt lire, sur les registres brûlés en 1871, 21 may. En effet, la mise en possession est du 6 et l'ordonnance de Sully du 21 précisément : il est difficile d'admettre qu'on eût, deux mois auparavant, déjà pu utiliser le terrain pour y faire enterrer le corps de Me Jehan Ruffîn, imprimeur, « par Pierre Le Brasseur, fossoyeur. »
M. Read a publié * de longs extraits des registres mortuaires, par lesquels on voit qu'au milieu de beaucoup de morts oubliés reposent dans la cour de la rue des Saints-Pères, aujourd'hui encore, les restes mortels de personnages qui ont eu leur heure de notoriété : les pasteurs La Faye, Tilenus, plusieurs membres des familles Casaubon, Arnault, Gobelin, Rambouillet, Lobéran, Grotius, Du Cerceau, Le Maistre, etc. ; Odet de la Noue, l'architecte S. de Brosse, l'écrivain Saumaise, l'académicien Courait.
Ce cimetière n'était pas exclusivement réservé aux protestants français ; on y enterra aussi les protestants étrangers décédés à Paris. Il y avait pour eux, outre le registre général du Consistoire, des registres spéciaux tenus par les soins de chaque ambassade 2.
1. B. h. p. 1863, p. 276 et suivantes, 1864, p. 224 et suivantes.
2. « La plupart des étrangers religionnaircs qui mouraient à Paris... étaient enterrés dans le cimetière de la rue des Saints-Pères qui sert actuellement aux religieux de la Charité. Cela paraît par les inscriptions et épitaphes qui se lisent en cet endroit, étant écrites en toutes sortes de langues : anglais, allemand, hollandais, comme aussi par les registres que les chapelains des ambassadeurs laissaient à leur départ entre les mains du Consistoire de Charenton. conti liant les noms de ceux de leur nation qui étaient morts pendant leur séjour en France, et qui sont au Châtelet avec les autres registres concernant les affaires de rel igionnaires » (Papiers de Hop. ambassadeur des Provinces-Unies, cités par F. Waddington, H. h. p. 1854, p. 595).