IMPORTANCE DE L'ÉGLISE DE PARIS
vinces par l'autorité de cette compagnie de la rayer aussi de leurs cahiers. » L'Eglise est blâmée par le Synode suivant de n'avoir pas rempli ce mandat l.
Conclusion
Ces exemples, et beaucoup d'autres, montrent comment, en théorie, l'Eglise de Paris est placée toujours sur le même rang que n'importe quelle autre Eglise réformée -, mais comment aussi par la force des choses elle se trouve appelée souvent à jouer un rôle exceptionnel dans les rapports des Eglises entre elles, et dans leurs rapports avec l'Etat. La discipline avait beau affirmer qu'aucune Eglise ne peut prétendre à une prééminence sur les autres, le fait d'être située dans la capitale du royaume, auprès de la cour, donnait à l'Eglise de Paris une position privilégiée en tout temps, et ce fut particulièrement le cas sous le règne d'Henri IV, pour des raisons qui ne se reproduisirent plus : de 1601 à 1605 l'un des membres de l'Eglise, Josias Mercier, fut député général (après lui les deux députés furent des provinciaux durant tout le cours du xvne siècle) ; à la même époque trois des pasteurs, sur quatre, ont été aumôniers du roi lorsqu'il était protestant ; le principal ministre, beaucoup de gens dans l'entourage du roi, dans les hautes fonctions et dans les petits emplois, sont encore des protestants.
Il y a là un ensemble de circonstances qui expliquent comment l'Edit de Nantes fut appliqué plus complètement et plus rapidement, interprété même parfois plus favorablement à Paris qu'ailleurs. Ce qui se faisait à Paris avait beaucoup de retentissement au-dehors, tant en France qu'à l'étranger. Le roi, habile politique, le savait. Sincèrement convaincu, comme nous l'avons répété, que la paix intérieure était une condition indispensable pour rendre la France forte et prospère, il considérait l'Edit comme un des éléments essentiels de la pacification, et on peut considérer l'année 1606 comme celle où s'achève l'application de l'Edit : (il avait été signé huit ans auparavant ; ce n'était pas trop