Aymon, I, p. 246 et
2. Ainsi le synode national ne s'est jamais réuni à Ablon et nous n'y connaissons qu'un ou deux synodes provinciaux (qui étaient annuels) en sept ans. Il n'y avait pas de chef-lieu de la France réformée, ni même de l'Ile de France.
tôt !) Ou du moins l'achèvement qui ne fut jamais absolument complet, apparaît cette année-là, sur bien des points, plus avancé qu'il ne le deviendra ou le restera dans les années suivantes... jusqu'au jour de la Révocation. La conduite d'Henri IV à l'égard des protestants parisiens fait donc partie d'un plan général d'action. L'Eglise de Paris est une pierre de touche qui sert à montrer tant à ses sujets de diverses religions qu'aux étrangers de divers pays dans quelle mesure le roi de France entend accorder la liberté de conscience et la liberté de culte.
Le transfert du temple d'Ablon à Charenton, peu après l'achat d'un cimetière aux frais du trésor, marque nettement l'établissement définitif du nouveau régime. Et si l'application littérale d'un article particulier ne rapprochait pas autant le lieu d'exercice, Y esprit général de l'Edit était incontestablement favorable à l'interprétation qu'en donnait le roi. C'était d'ailleurs l'exacte contre-partie de ce qu'Henri IV et Sully décidaient, à la même époque, à l'égard de la principale place protestante du royaume, la Rochelle. Deux cahiers de réclamations, en 1600, sont présentés à peu près ensemble : l'un par les catholiques au sujet de cette ville où ils étaient une petite minorité exclue de beaucoup de droits, l'autre par les députés généraux au sujet de la minorité protestante qui, de son côté, dans presque tous les lieux du royaume, souffrait d'un état d'infériorité analogue.
Aux Rochelais Sully désigné comme « médiateur » *, écrit : « Il me semble que vous devez permettre aux ecclésiastiques toutes sortes de visitations et consolations dans les hôpitaux et prisons, et mesme n'empescher pas qu'ils les confessent, et portent l'hostie, pourvu que cela se fasse secrètement, » mais donne les conseils que nous avons rappelés -.
Cette lettre d'une inspiration si large et si ferme à l'égard de'i catholiques rochelais est du 12 septembre 1006 : deux dimanches auparavant le culte avait été pour la première fois célébré à Charenton dans le lieu accordé à la minorité protestante, malgré l'opposition des catholiques parisiens (le culte public restant interdit aux protestants dans Paris même, tandis qu'il était à la Rochelle rétabli pour les catholiques).
C'est donc avec raison que Renoît, après avoir résumé les con-