Ibid., 11 mai (p
3. Les Plaintes des Eglises réf. de France, imprimées en 1597 (et réimp. au t. VI des Mém. de la Ligue, 1758, p. 442, etc.) constatent ce fait à propos de l'interdiction obtenue par le légat du pape lorsque Madame a de même voulu faire prêcher à Rouen : « On vient à contraindre Madame de sortir de Rouen, faire la Cène de Noël dernier ! Si bien que la voilà aux champs,
elle, sœur unique du roi, tandis que cet étranger a tous ses aises à
couvert ! »
commun ; » certains sont réservés, semble-t-il, aux personnes <( de qualité, » quelques uns mêmes à Madame et à sa maison seulement. Et loin de trouver cela peu démocratique comme les Parisiens d'aujourd'hui n'y manqueraient pas, les huguenots se réjouissent avec raison de pouvoir profiter soit à l'hôtel de Madame, soit en plein Louvre, du culte public sous la sauvegarde royale, des sept heures du matin, presque tous les dimanches et jeudis lorsque Madame est à Paris.
C'est du mercredi 6 juillet 1595 qu'est daté le premier des « actes du Consistoire de l'Eglise réformée qui se recueille sous l'autorité et en la maison de Madame *. » La séance avait lieu à Saint-Germain-en-Laye, soit au château soit dans quelque maison voisine habitée par Madame ; un pasteur l'accompagnait sans doute dans tous ses déplacements. La grosse affaire traitée durant cette année, ce sont les plaintes formulées contre Pierre Cayer.
§ 2. Le pasteur apostat Cayer -
Pierre Cayer, sieur de la Palme :!, avait été catholique pendant toute la première partie de sa vie. Grâce aux subsides d'un gentilhomme du Blésois il avait fait à Paris de brillantes études
1. Observations séculaires de P. Fehry, ms. de Metz cité dans le B. h. p., 1856, p. 149.
2. L'orthographe CayeR est employée en 1595 par le premier imprimeur de notre auteur ; Cayer apparaît dès 1596 chez le second, mais CayeR y reparait en 1597. Cayer prédomine décidément chez le troisième imprimeur à partir de 1600. Deux épitres dédicatoires {Lettre à Damoars, 1595, et Uespon.se à l'Advis, etc., 1596) sont signées l'une P. de Cayer l'autre V. P. de Cayer. Les réformés appellent ordinairement leur ancien coreligionnaire Pierre Cayer tandis que le prénom Victor apparaît, et passe le premier, après son abjuration, ce qui laisse à penser qu'il lui a été donné à ce moment comme une allusion à sa victoire sur l'hérésie. Le nom latinisé Caietanus {Remonstrance à Madame, p. 108, etc.) a fait prédominer la forme Cayet, puis l'aima Cayet. La Palme était le nom de quelque petite seigneurie.
La France prot., t. 111, col. 944, le dit né à Montrichard en Blésois dès 1525, date qui uous semble bien reculée. Il serait mort, en ce cas, à quatrevingt-cinq ans, en 1610.
:î. Voici la liste des principaux ouvrages de Cayer que nous avons consultés : Copie d'une lettre de maistre Victor Pierre Cayer cy devant Ministre, à présent ferme Catholique Apostolique et Romain, à un Gentil homme sien amy le Sr Dam. 'Damours] encores à présent Ministre. Contenant les causas et raisons <le sa Conversion à l'Eglise Catholique Apostolique et Romaine. A Paris, par Jean Richer, rue S. Jean de Latran, à l'Arbre verdoyant, 1595, avec privilège du Roy (in-8" de vingt-six pages). Comme l'approbation de la