Chronique parisienne et charentonnaise de 1606 à
Dès le lendemain du jour de la mise en possession par les autorités civiles (samedi 20 août) eut lieu le premier culte public. Trois lignes du Journal de l'Estoile sont tout ce que nous savons de ce service d'inauguration auquel assistèrent, dit-il, « trois mille personnes ou environ, » parmi lesquelles peut-être Sully (nous avons signalé sa présence quelques jours après sur la route de Paris à Fontainebleau où était le roi1) : « Le dimanche 27 on commença à prescher à Saint-Maurice... Sa Majesté envoya des archers et un exempt des gardes afin de contenir le peuple en son devoir. » En effet la protection de la police était fort nécessaire, comme le constate, avec un regret qui l'honore, un journaliste contemporain : il place d'ailleurs moins exactement l'établissement de l'exercice « au commencement du mois de septembre » ; « plusieurs du menu peuple s'alloient amuser à les voir revenir par la porte Sainct Anthoine, et estoient bien jusques a trois ou quatre mille. Ceste folie leur dura cinq ou six dimanches. Ils leur jettoient des pierres et y en eut de blessez, et pensa y avoir du tumulte. La justice fut contrainte d'y aller. Mais elle ne fut assez forte du commencement pour les en empescher 2. ->
1. Ci-dessus chap. VIII. p. 331. Le 21 septembre le duc de la Force écrit
à sa femme : •• Je fais état de m'en aller après-demain ouïr le prêche à Charenton, qui n'est qu'à demi-lieue de cette ville, et je prendrai de là mon chemin à Fontainebleau ; » c'est la première mention de Charenton dans cet appendice aux Mémoires (t. I, p. 4401.