‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 386 sur 558 · Mercure français de · texte numérisé non relu

Mercure français de

466 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV

La police d'ailleurs ne mit d'abord aucune bonne volonté à exécuter les ordres du roi : le lieutenant civil avait des doutes sur le droit et le devoir de protéger un exercice non expressément autorisé par le Parlement.

Le Consistoire avait immédiatement organisé le culte non seulement le dimanche, mais le jeudi ; c'est le jeudi 14 septembre que nous l'avons vu essayer en vain une première fois de remplir les formalités d'hommage à l'égard du seigneur récalcitrant ; le lendemain le lieutenant civil, assisté d'un avocat et du chevalier du guet, se présente à la Cour 1 « et remonstre avoir reçu lettres patentes par lesquelles luy est mandé se trouver sur les advenues de Charenton, port[e] et rue Saint-Anthoine, à la descente et arrivée de ceulx de la Religion prétendue réformée retournant de leurs dévotions et prières à Charenton Saint-Maurice ; mais parce que Vestablissement en ce lieu na esté vérifiée par eux et registre au Chàtelet, craignoit de contrevenir aux édits, s'il prestoit main forte sans l'exprès commandement du Roy et de la Cour, le supplie en délibérer », « Sur quoy a esté dict audit lieutenant civil que la Cour séant au lendemain en délibérera ; cependant qu'il obéist aux volontés du Roy. »

(L'affaire ne revient cependant que deux mois plus tard, le 14 novembre, et pour être renvoyée au 17 ; après quoi il n'est plus question de rien. L'un au moins des conseillers de la grand' chambre qui siégeaient le 15 septembre, P. H. de Turin, était très favorable aux protestants : deux ans plus tard il se joignit ouvertement à eux -. Trois autres : Courtin, Durand et Portail ont des homonymes, peut-être des parents, parmi les protestants de ce temps).

En septembre 1606 le susdit lieutenant civil, maintenant éclairé sur la légalité de son intervention, rivalise de zèle avec le lieutenant criminel : chacun revendique le droit de dresser une potence à la porte Saint-Antoine « pour le châtiment des sédi-

1. Archives nationales, X 10871 fane, cote), minutes de la chambre du Conseil du Parlement de Paris ; cf. B. h. p., 1854, p. 428.

2. « Estant ,jà sur l'âge, après avoir remis son estât entre les mains de son fils, il se retira en son pays de Lyonnois, et estant arrivé à Lyon, où on disoit qu'il avoit quarante ou cinquante mille escus à la banque, se déclara et fîst profession de la R. P. R. de laquelle il avoit toujours esté soupçonne, encores qu'il ne la fist paroistre par aucun acte extérieur » (Journal de i/Estoile, décembre 1608),

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