Culte anglican à Paris
Pendant l'année 1608, au moins une fois par mois, de février 2 à juillet, Casaubon ne va pas à Charenton le dimanche ; et ce n'est pas seulement le dégel ou la pluie qui le retiennent à Paris, mais la possibilité - alors toute nouvelle et inespérée — d'assister dans l'intérieur même de la capitale à un culte protestant. Ce culte n'est pas célébré en vertu de l'Edit de Nantes mais en raison des immunités diplomatiques et des conventions du droit international alors en formation. Et le lieu d'exercice est l'ambassade d'Angleterre.
Jusqu'à la conspiration des poudres (1605), l'expulsion des Jésuites et l'établissement du serment, il semble que l'ambassadeur fréquentait le culte réformé à Ablon :!, mais en 1606 les choses changent : comme les catholiques les presbytériens s'aperçoivent à leurs dépens que le roi Jacques entend justifier par une extrême rigueur son titre de « défenseur de la foi » de l'Eglise anglicane ; on voit par exemple débarquer à Dieppe, puis arriver à Paris, au commencement de 1607, six pasteurs Ecossais exilés, auxquels les consistoires réformés donnent des secours 4. L'ambassadeur fait alors célébrer le culte en son hôtel suivant
1. Ephémérides, p. 627, 13 des kal. d'août 1608 ; cf. epist. 606, à Scaliger (éd. de 1709 in-fol.).