CULTE ANGLICAN
cheman » et il rend compte pittoresquement de l'impression que lui font les répons, etc. :
« Le presche se fist en anglois, où j'entendois comme font les femmes à la messe et la plupart du vulgaire. Toutefois j'entendis le chant des psalmes en leur langue, que dès longtems j'avais désir d'ouïr, pource que l'on me l'avoit fait excellent, n'y ayant rien trouvé de plus singulier qu'aux autres : mais bien avec plaisir remarqué cérémonies différentes de celles de Charenton, louables et bonnes, et meilleures que leur simple forme pour contenir un peuple en dévotion, mais sans superstition ; entre autres 'a lecture que fist le ministre de deux ou trois psalmes auxquels les assistants respondoient par versets, le ministre en disant l'un et le peuple l'autre ; puis le chant des psalmes plus au long, comme du sixième qui fut chanté tout entier, au lieu que les ministres d'ici en font deux ou trois fois 1. »
Si le roi Jacques était, dans son propre royaume d'Angleterre, parfois sévère pour les presbytériens d'Ecosse, il entretenait de l'autre côté de la Manche d'excellents rapports avec les réformés fiançais. En 1603, pendant sa mission à Londres, Sully avait, non sans surprise, trouvé à la cathédrale de Canterbury, parmi les membres du clergé anglican, un compatriote ami de son défunt secrétaire Arnauld : « Ce chanoine, écrit-il au roi, faisoit démonstration d'estre bon François, et fort vostre serviteur 2. » En 1615 Du Moulin accepta une prébende du même genre"-. Le pasteur de Paris, on le sait, était l'un des zélés admirateurs qu'avait sur le continent le roi-théologien. La Confession de Jacques I" ayant été attaquée par le Jésuite Cocffeteau nous avons vu Du Moulin composer en 1604 la « Défense de la foij catholique contenue au livre du roy Jacques * ; cinq ans plus tard, le roi d'Angleterre publie une deuxième édition, en français, de « V Apologie du serment de fidélité- » et fait hommage d'un