JÉRÉMIE FERRIER AH'A
caractère peu recommandable qu'un vrai talent oratoire ne suffisait pas à compenser aux yeux de tous ses coreligionnaires : « 11 était, dit E. Benoît, intéressé, fourbe, ambitieux, inconstant, brouillon, sans jugement... Mais il avoit assez de courage, l'esprit vif, l'imagination enflammée, une grande facilité à parler, un ton de voix impérieux, une véhémence dans l'action et dans le discours qui entraînoit ses auditeurs et ne leur laissoit presque pas la liberté de luy contredire \ » Un autre écrivain de la part duquel on pourrait s'attendre à un jugement moins sévère, Tallemant des Réaux, ajoute à ce tableau des traits plus défavorables encore : « Quoique M. Ferrier ne fût ni docte ni éloquent, il passoit pourtant pour un grand personnage dans sa province. H étoit patelin, populaire, et pleuroit à volonté, de sorte qu'il avoit tellement charmé le peuple qu'il le menoit comme il vouloit. » Son amour de l'argent et des honneurs le perdit. Nous le retrouverons quelques années plus tard, apostat, et faisant payer cher son apostasie.
Ferrier avait été accordé temporairement à l'Eglise de Paris en 1609 sur les instances de Samuel Durant qui lui-même avait été nommé pasteur à titre délinitif peu auparavant : en novembre 1608 ils prêchaient le même jour à Charenton 2.
Puisqu'en mai 1607 le Consistoire de Paris espérait encore obtenir Ferrier, c'est vers le milieu de 1607 qu'il faut placer l'appel adressé ensuite à Samuel Durant, neveu du pasteur Couët dont la recommandation dut avoir un grand poids auprès du Consistoire :!.
Samuel Durant, âgé alors d'environ trente-trois ans, était fils d'un bourgeois de Paris qui avait épousé Madeleine Couët du Vivier ; après la naissance de leur fds ils avaient, « à cause de la persécution4 » quitté la France et s'étaient réfugiés à Genève. Jean Durant était, avant son exil, « trésorier des bâtiments de France •"> ; » on a supposé 6 qu'il avait exercé la profession d'ar-