‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 409 sur 558 · CHARLES PERROT · texte numérisé non relu

CHARLES PERROT

il suffît de citer ici Arminius et l'illustre « arminien » Uiten-

bogaert 1.

Partisan de la sincérité plus encore que de la paix, Ch. Perrol montra beaucoup de ténacité dans une affaire où il se trouvait également en opposition avec les traditions genevoises : en 1576, il demanda l'abolition du serment religieux imposé jusqu'alors aux étudiants, « d'autant plus, disait-il, qu'il ne semble pas raisonnable de presser ainsi une jeune conscience qui n'est résolue de signer ce qu'elle n'entend pas encore^. » La Compagnie des pasteurs prit la mesure réclamée. Mais Perrot ne devint professeur à l'académie que fort tardivement (en 1598), après avoir dès 1571 suppléé un moment Bèze \ Il lui était très attaché, et l'assista pendant les dernières semaines de sa vie 4.

A cette époque il semble avoir fait à Paris (où son jeune cousin venait à peine d'être nommé pasteur), des démarches fort intéressantes au point de vue de l'évolution des idées religieuses et ecclésiastiques. Les Durant et Perrot avaient à Paris de nombreux parents et amis ; un Durant siège par exemple au Parlement au moment où il y est question de l'établissement du culte à Charenton (septembre 1600) "• ; deux frères de Ch. Perrot étaient également conseillers, catholiques d'ailleurs, mais l'un d'eux marié à une protestante : aussi le neveu du pasteur genevois avait étudié en pays protestant, à Genève, et son petit-neveu sera l'académicien Nicolas Perrot d'Ablancourt 6.

Charles Perrot avait composé deux ouvrages dont l'impression n'avait pas été autorisée à Genève : dans le Traité de la foi il regrettait que les réformateurs eussent rompu avec l'Eglise romaine, dont il blâmait d'ailleurs les abus ; et dans l'autre essai, De extremis in eeelesia vitandis, il déclarait qu'il vaut mieux supporter les hérétiques que les brûler7.

A Paris, des amis catholiques étaient favorables à ces idées : ainsi l'Estoile reçut en septembre 1007 la visite du fils de Ch. Per-

1. Choisy, l'Elut chrétien calviniste à Genève au temps de Bèze, 1901,

2. Gaberel, /. c, p. 122, et Borgeaud, l'Académie de Calvin, p. 110. ;j. Choisy, /. c, p. 128.

Page 1