Douen, Révocation à Paris, I
UITENBOGAERT 497
valle, le Synode de Dordrecht a pris contre l'arminianisme des décisions rigoureuses, et en 1623, à Charenton même, sous la présidence de S. Durant, un Synode national va condamner en France ces doctrines dont les Du Plessis-Mornay et les Du Moulin essayaient depuis longtemps de préserver l'Eglise de Paris. Elles compteront cependant, sous Louis XIII, parmi les réformés de la capitale, un petit nombre de partisans plus ou moins secrètement groupés autour de Tilenus et de Grotius *.
Ainsi l'Eglise réformée de Paris tout en n'ayant jamais que des pasteurs strictement orthodoxes, paraît avoir désiré faire une large part aux idées de tolérance ; le Consistoire jusqu'à la « remonstrance » arminienne de 1610, observa à l'égard des doctrines nouvelles une attitude beaucoup moins agressive qu'il n'allait le faire dans les années suivantes, comme l'aurait désiré, dès les premiers symptômes, Du Plessis-Mornay. Tilenus, s'il ne paraît pas avoir prêché à Ablon, a fait des conférences à Paris devant Madame ; Uitenbogaert a occupé la chaire de Charenton. Du Moulin et Durant ont déjà à l'égard de l'arminianisme une méfiance qui se manifestera bientôt de plus en plus énergiquement, mais sur ce point comme sur tant d'autres, conformément au désir d'Henri IV, les choses se passèrent jusqu'à la fin de son règne aussi paisiblement qu'il était possible.
1. En 1612 Du Moulin (Accomplissement des prophéties, etc., chap. XII) écrit : « Surtout a semblé intolérable au roi Jacques le livre de M. le Cardinal du Perron, De l'insuffisance de l'Ecriture. Coëffeteau répond que c'esl une imposture du ministre Tilenus qui l'a fait imprimer à la Rochelle avec ce titre. En tout cela Coëffeteau est mal informé, car desjà M. Tilenus n'est pas ministre. Secondement combien qu'il ait adjouté ce titre sur le livre, si est-ce qu'il ne peut en cela estre accusé d'imposture, le livre estant sans titre, et estant nécessaire d'y en mettre un, etc. »