Cf. li. h. p., 1880, p
3. De auclorilale magislratus in rébus ecclesiasticis, La Haye, 1610.
dessus leurs voisins : » allusion non à Du Plessis seulement, mais sans doute aussi, parmi les pasteurs parisiens, à P. du Moulin, qui continuait à être fort bien tenu au courant de ce qui se passait dans son ancienne université de Leyde.
On peut s'étonner d'autant plus de le voir, quelques mois après cette publication d'Uitenbogaert, laisser le penseur arminien prêcher dans la chaire de Charenton.
Voici dans quelles circonstances Uitenbogaert se trouvait à Paris au printemps de 1610. Grâce aux habiles négociations de Jeannin — celui-là même qui avait, à l'intérieur, fait œuvre pacificatrice en établissant le culte à Charenton — les Espagnols et les Hollandais avaient signé en 1609 une trêve de douze ans — et, petit fait par lequel ce grand événement se rattache aussi a, notre travail, le texte fut imprimé et publié à Paris par J. Jannon, en une plaquette aujourd'hui rarissime 1. Un an après, les Etats Généraux envoyèrent à Henri IV une ambassade extraordinaire « pour le confirmer et conforter en sa résolution d'attaquer ouvertement la maison d'Autriche 2. »
Les ambassadeurs apportaient en outre des lettres du prince Maurice pour Sully. Le chapelain attaché à cette mission était Uitenbogaert qui, peu après son retour, devait être l'un des pro moteurs du manifeste présenté aux Etats de Hollande par les arminiens : d'où le nom de Remonstrants qu'ils portent aujourd'hui encore. Ayant eu « l'honneur de faire la révérence au monarque et de s'entretenir avec lui, » le visiteur hollandais fut l'un des derniers interlocuteurs d'Henri IV, car celui-ci allait être assassiné quelques jours plus tard (mai 1610).
C'est à ce moment qu'Uitenbogaert prêcha à Charenton ". Lors d'un nouveau voyage en 1622 pareille autorisation ne lui sera pius accordée par le Consistoire de Paris 4. En effet, dans l'inter-
1. " Articles du traicté de trefve faict et conclud en la ville ft cité d'Anvers, le neufviesme d'avril 1609 entre les Commissaires des sérénissimes Princes Archiducs Albert et Isabella Clara Eugenia, tant au nom de la Majesté du Roy catholique que de la leur : Avec les Commissaires et Députez des illustres seigneurs Estats Généraux des Provinces unies des Pays bas : et ce avec l'intervention et par l'advis des seigneurs ambassadeurs des Roys très chrestien et de la Grande-Bretagne. In-8° de 14 pages (Bibl. J. B. Brincourt, n" 544 du catalogue, Paris, Paul, 1909).