‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 42 sur 558 · Rcmonslrancc, p · texte numérisé non relu

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<S. Conférence de du Moulin el de Cayer, p. 15. 9. Admonition, p. 21.

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et s'en servait plus tard — plus ou moins fidèlement, nous le verrons 1. Il compléta ses études, toujours aux frais des Eglises de France, par un séjour dans quelques universités allemandes et fut ensuite consacré pasteur. Mais bientôt alors, semble-t-il, Cayer fut ébranlé dans la fidélité à l'Eglise réformée. Il fut sensible aux doutes suggérés sur la validité de ce ministère, sensible aussi à certains points faibles — plutôt extérieurs — tels que le manque de hiérarchie et de cérémonies ; enfin à côté de motifs d'ordre aussi respectable et pouvant provoquer des troubles de conscience sincères, on fit valoir aussi, semble-t-il, auprès de Cayer d'autres raisons d'ordre moins élevé auxquelles un homme ambitieux et peu fortuné pouvait n'être pas insensible '-.

D'abord second précepteur du jeune prince béarnais qui deviendra roi de France, Cayer fut quelque temps pasteur en Poitou, mais bientôt passa au service de la sœur de son ancien élève, Madame, d'une façon plus durable que ne le permettaient les règles ordinaires des Eglises réformées en pareil cas 3. Et dans cette situation qui le mettait plus en vue déjà et lui assurait divers avantages, il servit d'instrument à ceux qui désiraient ramener Madame dans les rangs de l'Eglise romaine, Du Perron notamment. Dès 1587 — Cayer le rappellera quatorze ans plus

1. Admonition, p. 20 ; Lettre au s1 Damours, p. 19, et Remonstrance, p. 14.

2. Son ancien collègue J. B. Rotan hésite beaucoup moins tpie nous n'osons le faire à dire qu'il avait « une âme ambitieuse et avaricieuse tout ensemble » (Response à la copie d'une lettre missive de M. Pierre Cayer, apostat, La Rochelle, Haultin, 1596, in-8°, p. 5. Sur l'exemplaire que possède la Bibliothèque d'histoire du protestantisme, un lecteur du xvi° siècle a écrit sur le titre, à la suite du mot apostat : « Qui lucri maioris spe et pecunise gratia veritatem prodere cognitam non veritus est, Judas Iscariotes. » Cayer, plus tard, prétend au contraire que ce sont les réformés qui ont voulu le payer pour qu'il devint un des leurs (imputation contraire à tout ce que nous savons) : « ils ont suscité des gentilshommes pour me venir cercher dans S. Martin des champs et m'offrir bonne pension et bouche à court, si je voulois retourner, leur ayant imprimé lesdits prétendus ministres in leur fantaisie, que je ne tenois pas qu'à faute de moyens » (Remonstrance de 1600, p. 103).

3. .1. H. Rotan, Resi>onse, etc., p. 41 : « Cayer a toujours esté irrésolu de sa vocation et s'est ingéré là où il n'appartenoit : il sait à quel titre il a exercé un long temps le ministère en l'Eglise recueillie en la maison de Madame. Le synode provincial de Poictou s'est plaint de ce qu'il avoit

quitté sa première vocation sans légitime congé S'il a esté démené çà et là

par les curiosités de son esprit et qu'il ait senti en son âme beaucoup de troubles et de scrupules touchant la vocation, il ne doit s'en prendre qu'à sa mauvaise conscience et aux choses défendues dont il s'est trop meslé. »

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