Du Moulin, Autobiographie (B. h. p., 1858, p
« doucement: » Charnier i. En 1607, le propre confesseur du roi, le P. Coton, « suivant ses brisées ordinaires, » avait essayé de convertir « quelques seigneurs de qualité » — entre autres M. de la Force en leur posant trente-deux questions « qu'il
estimoit insolubles ; » nous les avons souvent utilisées ainsi que les « Soixante-quatre demandes proposées en contre-eschange, » par Du Moulin. Ces coups d'estoc et de taille dans les assauts publics n'empêchaient pas les adversaires d'entretenir dans la vie privée, de bons rapports : ainsi pendant l'Avent de 1608 le P. Coton ayant prêché devant la reine dans l'église des Cordeliers « s'eschauffa tellement qu'au sortir de sa chaire il s'en courut chez M. Cazaubon le prier de luy prester une chemise blanche ; » et la chronique ajoute qu'il la prit « sans autrement appréhender le mauvais air de la chemise d'un hérétique -. »
Cependant au carême suivant la controverse reprit avec beaucoup d'ardeur. Les jésuites « y tiennent les premières chaises, » entre autres le P. Gontier : en 1608 il avait prêché le carême à Dieppe, et ensuite répandu à Paris le bruit que les huguenots dieppois l'avaient empoisonné !. Une conférence contradictoire eut lieu, d'allure beaucoup mois officielle à celle qui avait mis aux prises en 1601 Du Moulin et Cayer. Les débats commencèrent la veille du jour des Rameaux (11 avril 1609) entre Du Moulin et Gontier, devant Mme de Mazencourt 4, qui depuis quelque temps « conférait » avec le jésuite en particulier, et écoutait les conseils d'une amie catholique, la baronne de Salignac. La discussion porta sur les paroles de l'institution de la sainte Cène : « Prenez, buvez, ceci est mon sang. » Pendant la semaine suivante « la dame va ruminant l'instruction qu'elle a prise, » selon l'expression du P. Gontier. Jésuites d'une part, pasteurs de l'autre interviennent à qui mieux mieux.