‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 426 sur 558 · Mercure de 1609, édition de 1609, p. 335 b · texte numérisé non relu

Mercure de 1609, édition de 1609, p. 335 b

3. 38 p. in-8°, 1610, à Sedan, par Guion de la Plume (et non à Niort, comme le dit le B. h. p., 1906, p. 389, à moins qu'il s'agisse d'une autre édition).

4. Dans la Response de P. Du Moulin aux lettres du sT Gontier au roi] (1608 ?) réédition de 1625, Aubert, Genève, p. 28, on lit : « Au bout de l'épistre du sieur Gontier il y a un discours qui a pour suscription Corbozon Monlgommeri, lequel n'a point assisté à la conférence mais dit l'avoir ouy dire au curé de Saint-Nicolas. Ce nom de Montgommeri tant honoré vient fort mal au-dessous d'un si pauvre escrit, et ne puis croire qu'une si fausse pièce soit sortie de la main d'un gentilhomme d'honneur tel qu'il est. » Ce gentilhomme est-il le comte Gabriel II de Montgommery, gouverneur des ville et château de Pontorson et principal membre de l'Eglise protestante de cette ville après l'Edit de Nantes (B. h. p., 1909, p. 452) ? Est-ce à lui aussi que se rapporte un arrêt du Conseil d'Etat rendu sur la requête du sieur de Saint-Germain, député général, évoquant au Conseil les poursuites intentées aux requêtes du Palais par les créanciers du comte de Montgommery, lesquels ont fait saisir les deniers destinés aux appointements dudit comte et à la solde de la garnison de Clermont de Lodève (Archives mit., E 5 a, f° 83) ? Toujours est-il qu'en 1621, le dimanche après l'incendie du temple, les protestants sont escortés sur la route de Paris à Charenton par un sieur de Courbouzon qui est à la tète de la compagnie du duc de Nemours (B. h. p., 1855, p. 92).

Par exemple lorsque devant M. de Liembrune i Du Moulin, attaqué par Gontier au sujet de la vocation des pasteurs, prend l'offensive et le prie de prouver la vocation des prêtres en tant que sacrificateurs du corps de Jésus-Christ. Le père a beau feuilleter la Bible, il ne trouve rien. Alors M. de Liembrune se met en colère : « Vous m'avez dit que si je vous amenois un ministre vous luy fériés trouver les quatre coins et le milieu : en voilà un devant lequel vous estes muet ! » Le père, pris à son propre piège, se retira « tout confus » et la famille de Liembrune resta fidèle à sa foi jusqu'après la Révocation 2.

Une autre fois c'est en son « étude même, » rue des Marais, que Du Moulin est provoqué par un autre jésuite, en présence d'un médecin catholique, M. de Monginot, et — résultat imprévu du jésuite — après la conférence le témoin « renonça au papisme 3. »

Le retentissement qu'avaient ces événements parisiens explique l'inquiétude éprouvée jusqu'au fond des Eglises de province par des hommes comme Du Plessis-Mornay, les conseils de prudence qu'il donne en pareil cas (estimant même opportune l'autorisation royale), le vœu qu'il exprime de voir faire des prières solennelles et un jeûne public, à Charenton et ailleurs, pour que le scandale d'une abjuration éclatante soit épargné à l'Eglise *.

1. Du Moulin, Autobiographie, B. h. p., 1858, p. 466. Il s'agit sans doute de Claude de la Wespierre, époux de Charlotte d'Aumale (Anciennes familles du Boulonnais, par R. Rodière, dans le B. h. p., 1904, p. 540).

2. En 1681 M. de Liembrune faisait célébrer encore le culte à Dives près Npyon. Sur Mme de Liembrune, encore emprisonnée en 1690, cf. Douen, Essai sur les Eglises de l'Aisne, p. 63, n. 2.

3. Du Moulin, loc. cil. En 1623 François de Monginot épousa Anne Chenevix dont la mère était une Gobelin (Fr. prot., 2e éd., IV, 295). Il mourut en 1637 et fut enterré au cimetière Saint-Père (B. h. p., 1863, p. 283).

4. Mémoire sur certaine Conférence qui se devoit tenir pour Mons* de... (sic), le... (sic) janvier 1608 (Mémoires de Duplessis-Mornat, édition de 1652, t. I, p. 184-186) : « Présupposant ce qui nous est escril ismis toulesfois le vouloir croire) de certain personnage résolu de changer de Religion, et qui aeantmoins pour donner lustre, et tirer conséquence de sa révolte! voudroit mettre en avant une Conférence, nous semble que eeste Conférence, en tant que frauduleuse, se doit éviter par toutes voyes, sauf si on voit que du refus d'icelle aucuns ayent à prendre sujet de scandale... Si Messieurs les Pasteurs de l'Eglise de Paris ont à entrer en telle conférence, que tant pour le lieu où ils sont, que pour leur décharge envers les Eglises,

Peut-être, en l'espèce, s'agit-il de M. de la Force ou simplement de M. de Liembrune.

On cite alors comme une heureuse exception, tranchant sur le ton ordinaire par sa « douceur et modération, » l'entrevue de Du Moulin avec l'abbé de Saint-Victor, M. de Champvallon, « jeune d'âge, mais mûr de modestie et de sagesse 1. » Il avait invité Du Moulin à venir causer avec lui à l'abbaye même -, mais Du Moulin se méfiait des « moineries ; » le lieu choisi fut donc une maison située dans un autre faubourg, celui où habitait le pasteur, au Pré-aux-Clercs. Du Moulin y fut conduit par le précepteur d'un jeune gentilhomme, M. de Saint-Denis, et acompagné par un membre du Consistoire, Poupart 3. La conférence — un jeudi de septembre 1609 — dura de une heure à six heures et fut des plus courtoises, mais sans résultat. Le pasteur déclara que l'abbé était « fort honneste homme, gracieux, communicatif et docte, » épithètes qu'il n'a pas souvent, plus tard, appliquées à ses adversaires.

Quelques mois plus tard, pendant l'Avent de 1609, le P. Gontier prêche à Saint-Gervais, plusieurs fois en présence du roi., de la façon la plus violente « appelant les huguenots vermines et canailles, jusques à dire que les catholiques ne les devoidit point souffrir parmi eux4. » Charnier dans sa dernière entrevue avec le roi 5 se plaint que « les moines sont extrêmement emportés à nous agacer. » Ils saisissent toutes les occasions, où qu'elles se présentent. Un jour d'été, le pasteur montpelliérairi

ils requièrent un consentement et commandement de Sa Majesté, afin d'une part qu'il ne leur soit point imputé de s'y estre témérairement ingérés, ne se pouvant icelle, au milieu d'un tel peuple, passer sans beaucoup de bruit, et que d'autre part ils ne soient blâmés d'y estre entrés sans prendre avis des Eglises... Si le commandement de S. M. leur est accordé par escrit en bonne et deue forme..., lors auront à estre proposés les Canons de Conférence tels que lors de celle qui fust faite pour Madame, et plus exacts encor s'il se peut... L'affaire est de tel poids qu'il y a matière d'en faire prières solennelles et jeusne public. »

1. L'Estoile, p. 534 (16 sept. 1609). Le négociateur de l'édit d'amnistie de 1596, du côté du duc de Mayenne, s'appelait Jacques de Harlay de Champvallon (A. d'ÂUBlGNÉ, Hist. Univ., 1. XIV, ch. xm).

2. L'emplacement de l'abbaye se trouve rue Linné vers la place de Jussieu.

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