TENTATIVES POUR CONVERTIR SULLY
res, un certain agacement contre les pasteurs, inquiets malgré tout, qui multipliaient auprès de lui « remonstrances, » « harangues » et « belles paroles. » « Elles n'eussent guère servi, se fait-il dire par ses secrétaires, si la fermeté de votre esprit et votre grande lecture es sainctes lettres n'eussent causé en vous plus de solidité i. »
Le roi invente alors une nouvelle tactique : un matin, dans son « cabinet des livres » au Louvre, il offre en mariage pour le fils de Sully sa propre fille Mademoiselle de Vendôme, avec deux cent mille écus comptant et dix mille écus de pension : « mais il faut que votre fils et vous soyez catholiques. » Sully répond que son fils est « assez grand pour faire choix de religion, » mais quant à lui, c'est autre chose ; il ne désire « augmenter ni en honneur, ni en biens, ni en dignitez aux dépens de la conscience ; » s'il voulait changer de religion il le ferait « par science et par connoissance de cause et non par ambition -. »
Dès lors il semble que le roi laisse son vieux serviteur en paix. Le projet de mariage en resta là, le fils n'ayant pas plus que le père voulu se convertir.
Du Perron avait encore été l'instrument, ou l'instigateur du roi en cette affaire. Mais, comme naguère Casaubon prêtait volontiers une chemise au P. Coton auquel il avait refusé sou abjuration, de même Sully se laisse volontiers adjoindre en 1609 le cardinal pour diverses missions : par exemple ils vont l'avant-veille de Noël, avec MM. de Thou et Gillot, choisir l'emplacement où le roi voulait faire construire « un collège pour les professeurs royaux » et pour la bibliothèque dont Casaubon avait la garde 3.
Cette année aussi le roi se fit aménager par Sully à l'Arsenal « une salle, une chambre, une garde-robe et un cabinet » pour